La Formule du Consensus Helvétique 1675 (formula consensus)


CANON 1.
Dieu, dont la bont√© et la grandeur sont infinies, a non seulement r√©dig√© par √©crit par Mo√Įse, par les proph√®tes et par les ap√ītres, la Parole qui est la puissance √† tout croyant, mais il a encore, jusqu’√† cette heure, veill√© continuellement avec une affection paternelle sur ce Livre pour emp√™cher qu’il ne f√Ľt corrompu par les ruses de Satan, ou par quelque artifice des hommes. L’√Čglise reconna√ģt donc avec beaucoup de raison que c’est √† une gr√Ęce et une faveur de Dieu toute particuli√®re, qu’elle est redevable de ce qu’elle a et de ce qu’elle aura jusqu’√† la fin du monde. La parole des proph√®tes renferme les saintes Lettres, dont un seul point et un seul iota ne passera point, non pas m√™me quand les cieux et la terre passeront.

CANON 2.
Les livres h√©breux du Vieux Testament en particulier, que nous avons re√ßus de l’√Čglise juda√Įque, √† qui les oracles de Dieu furent autrefois confi√©s; ces livres que nous conservons encore aujourd’hui sont authentiques, tant par rapport √† leurs consonnes que par rapport √† leurs voyelles. Par ces voyelles il faut entendre les points eux-m√™mes, ou du moins leur valeur; ils sont aussi divinement inspir√©s, tant pour les choses m√™mes que pour leurs expressions, de sorte qu’ils doivent √™tre avec les √©crits du Nouveau Testament la seule r√®gle invariable de notre foi et de nos mŇďurs. C’est avec cette r√®gle qu’il faut examiner, comme avec une pierre de touche, toutes les versions, orientales ou occidentales, et si elles s’en √©cartent en quelque chose, il faut les y rendre conformes.

CANON 3.
Nous ne pouvons donc point approuver le sentiment de ceux qui posent en fait que la mani√®re dont on lit le texte h√©breu n’a √©t√© √©tablie que par la volont√© des hommes. Dans les endroits o√Ļ ils ne trouvent pas √† leur gr√© cette mani√®re de lire, ils ne se font aucune peine de la rejeter et de la corriger par les versions grecques des LXX et des autres interpr√®tes, par le texte samaritain, par les paraphrases chalda√Įques ou par d’autres versions encore. Ils vont m√™me quelquefois jusqu’√† suivre les corrections que la seule raison leur dicte. Ainsi, ils ne connaissent pour authentique aucune autre le√ßon que celle qu’on peut d√©terminer en comparant les unes avec les autres les diff√©rentes √©ditions, sans en excepter m√™me celle du texte h√©breu, qu’ils pr√©tendent avoir √©t√© alt√©r√© en plusieurs mani√®res. Ils veulent que chacun se serve de son propre discernement dans l’examen des diverses le√ßons. Enfin, ils soutiennent que les exemplaires h√©breux que nous avons aujourd’hui ne sont pas les seuls qu’il y ait jamais eu, puisque les versions des anciens interpr√®tes diff√®rent de notre texte h√©breu, ce qui est, encore aujourd’hui une preuve que les livres h√©breux n’√©taient pas enti√®rement uniformes. De cette mani√®re, ils √©branlent le fondement de notre foi et portent atteinte √† son autorit√©, toute digne qu’elle est de notre respect le plus profond.

CANON 4.
Dieu fit, avant la cr√©ation du monde, le D√©cret des Si√®cles en J√©sus-Christ Notre Seigneur ; il forma ce d√©cret par le pur bon plaisir de sa volont√©, sans aucune pr√©vision du m√©rite des Ňďuvres ou de la foi. Il choisit, √† la louange de sa gr√Ęce magnifique, un nombre fixe et d√©termin√© d’hommes qui auraient le malheur de na√ģtre avec tout le reste du genre humain d’un sang corrompu et d’√™tre souill√©s et esclaves du p√©ch√©. Il r√©solut de les conduire dans ce temps au salut par le seul m√©diateur, J√©sus-Christ ; il d√©termina en lui-m√™me de les appeler d’une mani√®re efficace, des les r√©g√©n√©rer, et de leur donner la foi et la repentance en consid√©ration du m√©rite de ce m√™me J√©sus-Christ, et par la vertu toute puissante du Saint-Esprit, auteur de la r√©g√©n√©ration. Ainsi Dieu forma de cette sorte le d√©cret de faire briller sa gloire. Il r√©solut : 1° de cr√©er l’homme innocent ; 2° de permettre sa chute ; 3° enfin, d’avoir compassion de quelques-uns d’entre les hommes p√©cheurs, par cela m√™me de les √©lire, mais de laisser les autres dans leur corruption, et de les d√©vouer finalement √† un malheur √©ternel.

CANON 5.
J√©sus-Christ lui-m√™me se trouve compris dans ce mis√©ricordieux d√©cret de l’√©lection divine. Ce n’est pas qu’il en soit la cause m√©ritoire ou le fondement ant√©rieur, mais c’est qu’il est lui-m√™me l’√©lu qui a √©t√© pr√©connu avant la fondation du monde, et, par cela m√™me, qu’il est le premier et le principal moyen que Dieu a trouv√© bon d’employer pour l’ex√©cution de son dessein charitable. Il a √©t√© √©lu pour √™tre notre pr√©cieux m√©diateur et notre fr√®re a√ģn√©. C’est de son m√©rite pr√©cieux que Dieu a voulu se servir pour nous communiquer le salut sans blesser sa justice. L’√Čcriture ne t√©moigne pas seulement que l’√©lection a √©t√© faite par le pur bon plaisir du conseil et de la volont√© de Dieu, mais elle attribue aussi la destination ou le don et l’envoi de J√©sus-Christ, notre m√©diateur, √† l’amour infini de Dieu le P√®re pour le monde des √©lus.

CANON 6.
C’est pourquoi nous ne convenons point avec ceux qui enseignent que Dieu a √©t√© touch√© d’un grand amour pour le genre humain dont il pr√©voyait la chute ; nous ne croyons point avec eux qu’il ait eu en vue de sauver tous les hommes, en g√©n√©ral, et chacun d’eux, en particulier, sous la condition de la foi ; nous ne saurions nous persuader avec eux que Dieu ait fait un tel d√©cret par un dessein g√©n√©ral ant√©rieur √† l’√©lection, par une volont√© conditionnelle, par un simple souhait, par un premier mouvement de mis√©ricorde (c’est une de leurs expressions), par un d√©sir destitu√© d’efficace. Nous ne pensons point avec eux que Dieu ait donn√© J√©sus-Christ pour √™tre le m√©diateur de tous les hommes, en g√©n√©ral, et de chacun d’eux, en particulier. Enfin, nous n’admettons point le syst√®me par lequel ils √©tablissent que Dieu consid√©ra quelques hommes non seulement comme p√©cheurs dans la personne du premier Adam, mais comme rachet√©s dans la personne du second Adam, et qu’il les √©lut en cette derni√®re qualit√©, c’est-√†-dire qu’il r√©solut de leur accorder dans le temps, par un effet de sa gr√Ęce, le don salutaire de la foi. C’est dans ce seul acte qu’ils font consister l’√©lection proprement ainsi nomm√©e. Ces dogmes et les autres qui leur sont semblables s’√©loignent enti√®rement de la saine doctrine touchant l’√©lection, car l’√Čcriture n’√©tend pas √† tous les hommes, en g√©n√©ral, et √† chacun, en particulier, le dessein que Dieu a form√© d’exercer sa mis√©ricorde, mais elle le restreint et le limite aux seuls √©lus. Elle rejette express√©ment et personnellement les r√©prouv√©s comme √Čsa√ľ, √† qui Dieu a port√© une haine √©ternelle ; la m√™me √Čcriture t√©moigne encore que le conseil et la volont√© de Dieu ne changent point, qu’ils sont immuables, et que Dieu fait dans le ciel tout ce qu’il lui pla√ģt. En effet, Dieu est infiniment √©loign√© de toutes les imperfections auxquelles les hommes sont sujets. Il n’y a en lui ni passions, ni d√©sirs st√©riles ; il n’est ni t√©m√©raire dans ses desseins, ni susceptibles de repentance, de changement, d’irr√©solution. La destination que Dieu a faire de J√©sus-Christ pour m√©diateur et le salut de ceux qui lui ont √©t√© donn√©s comme son bien propre, son h√©ritage assur√©, viennent d’une seule et m√™me √©lection, et n’en sont point le fondement ant√©rieur.

CANON 7.
Comme Dieu avait de toute √©ternit√© connu toutes ses Ňďuvres, il cr√©a aussi dans le temps selon sa puissance, sa sagesse et sa bont√© infinies, l’homme qui est le plus beau de ses ouvrages et le chef d’Ňďuvre de ses mains. Il le fit √† son image, et par cela m√™me innocent, sage et juste. Apr√®s l’avoir form√©, il le fit entrer dans l’alliance des Ňďuvres ; dans cette alliance il lui promit, par un effet de sa bont√©, la vie, sa faveur et sa communion, pourvu qu’il ob√©√ģt √† ses ordres.

CANON 8.
Cette promesse, qui accompagnait l’alliance des Ňďuvres, n’emportait pas seulement la continuation d’une vie et d’une f√©licit√© de la nature de celle dont notre premier p√®re jouissait sur la terre, mais elle emportait principalement la possession d’une vie, d’une f√©licit√© √©ternelle et c√©leste. En effet, l’homme aurait √©t√© enlev√© dans le ciel et il aurait √©prouv√© en corps et en √Ęme des ravissements ineffables dans la communion de Dieu, s’il e√Ľt achev√© la carri√®re d’une ob√©issance parfaite ; c’est ce dont l’arbre de vie √©tait d√©j√† une figure pour Adam. C’est aussi ce que nous fait entendre la puissance de la loi que J√©sus-Christ a accomplie √† notre place. La vie que cette loi nous procure, maintenant que J√©sus-Christ a satisfait √† tous ses droits, n’est autre chose qu’une vie c√©leste, et la mort, dont elle menace, au contraire, les transgresseurs, n’est pas seulement une mort temporelle, mais un mort √©ternelle.

CANON 9.
C’est pourquoi nous n’entrons point dans le sentiment de ceux qui disent que la f√©licit√© c√©leste n’√©tait point propos√©e √† Adam comme le prix et la r√©compense de l’ob√©issance qu’il devait rendre √† Dieu. Ils ne reconnaissent point d’autre promesse de l’alliance des Ňďuvres que celles d’une vie sans bornes dans le paradis terrestre, vie, disent-ils, qui aurait √©t√© combl√©e de tous les biens dont le corps et l’√Ęme peuvent jouir dans l’√©tat d’innocence. Cette pens√©e est contraire au vrai sens de la parole de Dieu.

CANON 10.
De m√™me que l’alliance des Ňďuvres que Dieu contracta avec Adam ne regardait pas seulement Adam lui-m√™me, mais aussi tout le genre humain qui √©tait en lui comme dans son chef et dans sa tige, et qui, par une suite de la b√©n√©diction que Dieu avait donn√©e √† la nature, serait sorti de lui pour h√©riter de son innocence, s’il avait su la conserver ; pareillement il a p√©ch√© par une chute, funeste, non seulement pour lui-m√™me, mais aussi pour tout le genre humain, qui devait tirer son origine du sang et de la volont√© de la chair. Il a perdu, pour ses descendants ainsi que pour lui-m√™me, les biens qui √©taient promis dans l’alliance des Ňďuvres. Nous croyons donc que le p√©ch√© d’Adam est imput√© √† toute sa post√©rit√© par un juste et secret jugement de Dieu. L’ap√ītre Saint Paul t√©moigne que tous ont p√©ch√© en Adam, que par la d√©sob√©issance d’un seul homme, plusieurs sont rendus p√©cheurs et que tous meurent en lui. Et certainement on ne voit point de raison pour laquelle une corruption h√©r√©ditaire semblable √† une mort spirituelle, aurait, par un juste jugement de Dieu, envelopp√© tout le genre humain, s’il n’e√Ľt commis auparavant quelque p√©ch√© qui le rend√ģt digne de cette mort : Dieu, qui est un juge tr√®s juste de toute la terre, ne punit que les coupables.

CANON 11.
L’homme est donc, depuis le p√©ch√©, soumis de sa nature en deux mani√®res √† la col√®re de Dieu et √† sa mal√©diction, et cela d√®s le premier moment de sa naissance et avant qu’il ait commis aucun p√©ch√© actuel. Il est soumis √† cette col√®re et √† cette mal√©diction 1° pour la faute qu’il a commise et la d√©sob√©issance o√Ļ il est tomb√©, lorsqu’il n’√©tait encore que dans les reins d’Adam ; et en 2nd lieu, √† cause de la corruption que cette d√©sob√©issance a entra√ģn√©e apr√®s soi. Il h√©rite de cette corruption dans le temps m√™me de la conception, et elle le rend enti√®rement d√©prav√© et mort d’une mort spirituelle. De sorte que c’est avec raison qu’on distingue deux sortes de p√©ch√© originel, savoir le p√©ch√© imput√© et le p√©ch√© inh√©rent et h√©r√©ditaire.

CANON 12.
Nous ne saurions donc, sans trahir la v√©rit√© c√©leste, admettre le sentiment de ceux qui nient qu’Adam ait, par un √©tablissement de Dieu, repr√©sent√© tous ses descendants, et, par cons√©quent, que son p√©ch√© leur soit imm√©diatement imput√©. En se servant du terme d’imputation m√©diate et cons√©quente, non seulement ils an√©antissent l’imputation du premier p√©ch√©, mais encore ils rendent extr√™mement probl√©matique la th√®se de la corruption h√©r√©ditaire.


CANON 13.
Comme J√©sus-Christ a √©t√© √©lu de toute √©ternit√© pour √™tre le chef, le prince et l’h√©ritier, c’est-√†-dire le Seigneur de tous ceux qui sont sauv√©s, dans le temps, par sa gr√Ęce, il a aussi √©t√© fait, dans le temps, m√©diateur de la nouvelle Alliance, uniquement en faveur de ceux qui lui ont √©t√© donn√©s par l’√©lection √©ternelle pour √™tre son peuple propre et particulier, sa post√©rit√© et son h√©ritage. Car, c’est pour les √©lus seuls qu’il a, suivant le d√©cret de Dieu le P√®re et de sa propre volont√©, souffert d’une mort cruelle. Il n’a ramen√© qu’eux seuls dans le sein de la gr√Ęce, il n’a r√©concili√© qu’eux seuls avec Dieu le P√®re, justement irrit√©, et n’a d√©livr√© aucune autre personne de la mal√©diction de la loi. Notre Sauveur J√©sus-Christ sauve son peuple en le d√©livrant de ses p√©ch√©s ; il a donn√© son √Ęme pour la r√©demption de plusieurs, pour ses brebis qui pr√™tent l’oreille √† sa voix. Ce n’est que pour elles qu’il veut bien prier comme sacrificateur appel√© de Dieu ; il ne prie point pour le monde. Par cons√©quent, J√©sus-Christ √©tant mort, les √©lus seuls, qui deviennent dans le temps de nouvelle cr√©atures, ces √©lus, pour lesquels il s’√©tait offert comme une victime d’expiation, sont cens√©s morts avec lui et justifi√©s de tout p√©ch√©. Ainsi, la volont√© de J√©sus-Christ mourant conspire parfaitement avec le d√©cret du P√®re et avec l’op√©ration du Saint-Esprit. Le P√®re ne donne au Fils que les seuls √©lus √† racheter, et le Saint-Esprit ne sanctifie que les seuls √©lus. Il n’en sanctifie point d’autre et ne donne qu’√† eux seuls une vive esp√©rance de la vie √©ternelle. Telle est la parfaite harmonie du P√®re, qui forme les d√©crets, du Fils, qui op√®re la r√©demption, et du Saint-Esprit, qui nous sanctifie.

CANON 14.
Cela se confirme encore parce que, comme J√©sus-Christ a m√©rit√© et qu’il donne actuellement le salut √† ceux pour qui il est mort, il leur a m√©rit√© aussi, et leur donne actuellement les moyens qui servent √† les amener √† ce salut, et en particulier l’esprit de r√©g√©n√©ration, et, en particulier, le don c√©leste de la foi. Car l’√Čcriture t√©moigne que le Seigneur est venu pour sauver les brebis perdues de la maison d’Isra√ęl, qu’il envoie le Saint-Esprit comme la principale source de notre r√©g√©n√©ration, et qu’une des plus excellentes promesses de la nouvelle alliance, dont il a √©t√© fait le m√©diateur, c’est qu’il √©crira sa loi, c’est-√†-dire la loi de la foi, dans le cŇďur de ses disciples. Elle d√©clare encore que tout ce que le P√®re a donn√© √† J√©sus-Christ vient √† lui ; enfin, que par la foi nous avons √©t√© √©lus en J√©sus-Christ pour √™tre saints, exempts de toute tache, et, par cons√©quent, pour √™tre enfants de Dieu par sa gr√Ęce. Or, nous ne pouvons √™tre enfants de Dieu que par la foi et par la vertu de l’Esprit qui nous r√©g√©n√®re.

CANON 15.
J√©sus-Christ a pleinement satisfait √† Dieu son P√®re par l’ob√©issance qu’il lui a rendue dans la mort √† la place des √©lus ; mais il faut concevoir cela d’une telle mani√®re, qu’on mette dans le rang de la justice et de l’ob√©issance qu’il a pratiqu√©e √† la place de ses √©lus, tout ce qu’il a fait et souffert pendant tout le cours de sa vie pour accomplir la loi, √©tant par excellence le serviteur juste de Dieu. Car, toute la vie de J√©sus-Christ n’a √©t√©, suivant la d√©claration de Saint-Paul, qu’un an√©antissement continuel, un abaissement et une humiliation qui s’est augment√©e par degr√©s jusqu’√† son dernier terme, lequel a √©t√© la mort de la croix.
L’Esprit de Dieu annonce aussi clairement que J√©sus-Christ a, par la saintet√© de sa vie, satisfait pour nous √† la loi et √† la justice de Dieu. Il fait consister le prix par lequel nous avons √©t√© rachet√©s, non seulement dans les souffrances du Fils de Dieu, mais dans l’exactitude avec laquelle il a conform√© toute sa vie √† la loi. S’il attribue notre r√©demption √† la mort et √† la passion de J√©sus-Christ, en particulier, ce n’est pas pour une autre raison que parce qu’il a √©t√© consomm√© par les souffrances. Ainsi le Saint-Esprit nous fait porter les yeux sur ce dernier p√©riode sans lequel nous ne pouvons √™tre sauv√©s, et qui nous pr√©sente un riche tableau o√Ļ nous voyons briller avec √©clat toutes les vertus. Il d√©signe l’ob√©issance de notre Sauveur par le plus illustre de tous ses actes, sans avoir pour cela dessein de s√©parer de la mort la vie qu’il avait men√©e auparavant.

CANON 16.
Ces choses √©tant ainsi, nous ne saurions approuver la doctrine de ceux qui enseignent le contraire. Ils disent que J√©sus-Christ a, de son propre mouvement, et suivant la volont√© du P√®re qui l’a envoy√©, souffert la mort pour tous les hommes, en g√©n√©ral, et pour chacun d’eux, en particulier, √† condition qu’ils croient √† l’√Čvangile, ce qui est une condition impossible. Ils soutiennent que ce Sauveur a obtenu pour tous les hommes un salut dont ils ne sont pourtant pas tous rendus participants. Ils ajoutent qu’il n’a m√©rit√© proprement et actuellement le salut et la foi pour personne, en particulier, mais qu’il a seulement lev√© l’obstacle que formait contre nous la justice divine, et qu’il a, par son sacrifice, donn√© lieu au P√®re de traiter avec tous les hommes une nouvelle alliance. Enfin, ils distinguent entre la justice active et la justice passive de J√©sus-Christ, et ils assurent qu’il r√©serve pour lui-m√™me la justice active, et qu’il ne donne et n’impute √† ses √©lus que la justice passive. Toutes ces explications, et autres semblables, sont manifestement oppos√©es √† l’√Čcriture et √† la gloire de J√©sus-Christ, qui est le chef et le consommateur de notre foi et de notre salut ; elles affaiblissent la vertu de sa mort, et, sous pr√©texte de relever son m√©rite, elles le diminuent en effet.

CANON 17.
La vocation au salut est proportionn√©e aux temps. Elle est, suivant que Dieu le juge √† propos, tant√īt moins g√©n√©rale, mais elle n’a jamais √©t√© absolument universelle. Car, sous le Vieux Testament, Dieu a annonc√© sa parole √† Jacob et ses ordonnances √† Isra√ęl ; il n’a pas fait ainsi aux autres nations. Sous le Nouveau Testament, J√©sus-Christ fait, √† la v√©rit√©, la paix par son sang, il a rompu la muraille de s√©paration, et Dieu a jusqu’√† pr√©sent √©tendu l’enceinte de l’√Čglise, faisant pr√™cher l’√Čvangile en plusieurs lieux et adressant √† un grand nombre d’hommes la vocation ext√©rieur : Il n’y a plus de distinction entre les Juifs et les Gentils. Mais Dieu est maintenant le Seigneur de tous, et il d√©ploie ses richesses sur tous ceux qui l’invoquent. Cependant la vocation au salut n’est pas pour cela absolument g√©n√©rale, car J√©sus-Christ d√©clare qu’il y en a beaucoup d’appel√©s, il ne dit pas que tous les hommes le soient, et quant Saint Paul et Timoth√©e form√®rent le dessein de passer en Bythinie, l’Esprit de J√©sus ne le leur permit pas. Il y a eu autrefois, et il y a encore aujourd’hui, comme cela se prouve par l’exp√©rience, des milliers innombrables d’hommes qui n’ont pas m√™me ou√Į prononcer le nom de J√©sus.

CANON 18.
Cependant Dieu ne s’est point laiss√© sans t√©moignage √† l’√©gard de ceux qu’il n’a pas daign√© appeler au salut par sa parole. Il leur a donn√© le ravissant spectacle des cieux et des astres. Et, pour leur manifester sa longue tol√©rance, il leur a r√©v√©l√© ce que l’on peut conna√ģtre de Dieu par les ouvrages de la nature et de la Providence. Mais il ne faut pas, pour cela, s’imaginer que ces Ňďuvres de la nature et de la Providence divine aient √©t√© des t√©moins suffisants pour suppl√©er √† la vocation int√©rieure et pour apprendre aux hommes le myst√®re du bon plaisir de Dieu, et de la mis√©ricorde qu’il nous t√©moigne en J√©sus-Christ ; car l’ap√ītre ajoute imm√©diatement que les choses invisibles de Dieu, savoir sa puissance √©ternelle et sa divinit√©, se voient depuis la cr√©ation du monde quand on les consid√®re dans ses ouvrages. Il ne dit pas qu’on y d√©couvre le secret du bon plaisir de Dieu, qui nous a √©t√© r√©v√©l√© par J√©sus-Christ. S’il renvoie les hommes √† la contemplation de l’univers, ce n’est pas pour y apprendre le myst√®re du salut que J√©sus-Christ nous acquis ; mais c’est pour les convaincre qu’ils sont inexcusables, puisqu’ils n’ont pas m√™me fait un bon usage de la connaissance que Dieu leur avait laiss√©e, et qu’ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifi√© comme Dieu et ne lui ont point rendu gr√Ęces ; c’est aussi dans le m√™me esprit que J√©sus-Christ b√©nit Dieu son P√®re de ce qu’il a cach√© ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce qu’il les a r√©v√©l√©es aux petits enfants. L’ap√ītre Saint Paul nous enseigne encore que Dieu nous a fait conna√ģtre par son pur bon plaisir le secret de sa volont√©, suivant ce qu’il avait r√©solu en J√©sus-Christ.

CANON 19.
Lorsque Dieu appelle ext√©rieurement les hommes par la pr√©dication de l’√Čvangile, il le fait d’une mani√®re tr√®s r√©elle, nullement feinte ; il ne nous d√©couvre pas, √† la v√©rit√©, ses vues secr√®tes par rapport au salut ou √† la damnation de chacun de nous, mais il nous fait conna√ģtre tr√®s s√©rieusement et tr√®s sinc√®rement quelle est la nature de notre devoir, et ce que nous avons √† esp√©rer si nous le pratiquons, et √† craindre si nous ne le pratiquons pas. La volont√© de Dieu, lorsqu’il appelle les hommes, est que ceux qu’il appelle viennent √† lui, qu’ils ne n√©gligent pas un si grand salut. Aussi promet-il, sans la moindre ombre de dissimulation, le salut √©ternel √† tous ceux qui viennent √† lui par la foi. C’est une v√©rit√© constante, comme s’exprime un ap√ītre, que si nous mourons avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous souffrons avec lui, nous r√©gnerons aussi avec lui ; si nous le renon√ßons, il nous renoncera aussi ; si nous sommes infid√®les pour lui, il demeure fid√®le ; il ne peut se d√©mentir lui-m√™me. Cette volont√© n’est point inefficace, m√™me par rapport √† ceux qui n’ob√©issent pas √† la vocation divine, parce que Dieu parvient toujours aux fins qu’il s’est propos√©es. Il fait conna√ģtre aux hommes leur devoir et conduit au salut les √©lus qui ne manquent pas de s’y appliquer, et il rend inexcusables les autres qui n√©gligent de faire ce qu’il leur commande. Certainement, un homme spirituel accordera sans peine le d√©cret de Dieu, tel que l’analogie de la foi nous le repr√©sente, avec la vocation ext√©rieure faite de vive voix ou par √©crit. Comme Dieu approuve toutes les v√©rit√©s qui, comme autant de cons√©quences justes, r√©sultent de ses desseins, on a raison d’affirmer qu’il veut que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie √©ternelle. Car, quoique Dieu n’ait form√© aucun d√©cret universel, sans d√©terminer ce qu’il fera de chaque personne, et, par cons√©quent, quoique J√©sus-Christ ne soit pas mort pour tous les particuliers d’entre tous les hommes, mais uniquement pour les √©lus que Dieu lui a donn√©s ; quoique tout cela soit ainsi, dis-je, cependant Dieu veut que cette proposition : Quiconque croit en J√©sus-Christ a la vie √©ternelle, soit universellement vraie, parce que c’est un cons√©quence de son d√©cret particulier et de sa volont√© d√©termin√©e. Mais, quant √† ce qui arrive, que les seuls √©lus croient et que les r√©prouv√©s s’endurcissent lorsqu’on leur met √† tous devant les yeux la volont√© de Dieu, et qu’on les appelle ext√©rieurement en son nom, c’est un effet de la seule gr√Ęce de Dieu ; elle produit toute cette diff√©rence. Les √©lus, d√©termin√©s par cette gr√Ęce, croient d’une mani√®re salutaire ; mais les r√©prouv√©s demeurent dans le p√©ch√© par une suite n√©cessaire de cette m√©chancet√©, qu’ils ont apport√©e en venant au monde. Ils s’amassent, par leur imp√©nitence et par l’endurcissement de leur cŇďur, un tr√©sor de col√®re pour le jour de la col√®re et de la manifestation du juste jugement de Dieu.

CANON 20.
Nous ne doutons donc point qu’on ne se trompe, quand on croit que Dieu appelle au salut, non seulement ceux √† qui il fait pr√™cher l’√Čvangile, mais aussi ceux √† qui il ne le fait point annoncer et √† qui il ne se r√©v√®le que par les ouvrages de la nature et de la Providence. Les personnes qui sont dans cette erreur ajoutent que la vocation au salut est tellement universelle, qu’il n’y a aucun mortel √† qui elle ne soit suffisamment adress√©e. Les uns, disent-ils, sont appel√©s m√©diatement en ce que Dieu leur accordera la lumi√®re de sa gr√Ęce, s’ils font un bon usage de leurs lumi√®res naturelles ; les autres le sont imm√©diatement parce que Dieu leur fait annoncer J√©sus-Christ et le salut qu’il nous a acquis. Ils soutiennent, enfin, qu’√† moins qu’on √©tablisse une gr√Ęce absolument universelle, on ne peut pas dire que la vocation ext√©rieure soit v√©ritable et non feinte, ni prouver que Dieu offre tr√®s s√©rieusement et tr√®s sinc√®rement le salut √† tous ceux qu’il appelle. Ce sont l√† des dogmes contraires √† l’√Čcriture et √† l’exp√©rience de tous les temps. On y confond manifestement la nature avec la gr√Ęce, ce qu’on peut conna√ģtre de Dieu avec sa sagesse secr√®te, et les lumi√®res de la raison avec celles de la r√©v√©lation divine.

CANON 21.
Ceux que Dieu appelle au salut par la pr√©dication de l’√Čvangile ne sauraient ni croire en J√©sus-Christ, ni r√©pondre √† cette vocation, √† moins que le Seigneur ne les ressuscite et ne les arrache √† la mort spirituelle par un acte de cette m√™me puissance par laquelle il a command√© que la lumi√®re √©clat√Ęt du sein des t√©n√®bres. Il faut que Dieu r√©pande sa clart√© dans leurs cŇďurs, par la gr√Ęce irr√©sistible de son Esprit, afin qu’ils soient √©clair√©s de la splendeur de la connaissance de sa gloire, qui se d√©couvre en la personne de J√©sus-Christ. Car l’homme animal ne re√ßoit point les choses qui partent de l’Esprit de Dieu, elles sont pour lui une folie, et il ne peut m√™me les conna√ģtre, parce qu’il faut √™tre spirituel pour en bien juger. L’√Čcriture d√©montre en plusieurs endroits cette impuissance totale : elle le fait m√™me par tant de d√©clarations et tant d’embl√®mes, qu’√† peine trouvera-t-on un sujet sur lequel elle fournisse des preuves plus convaincantes et en plus grand nombres. On pourrait, il est vrai, l’appeler une impuissance morale, √† cause que son sujet est moral, de m√™me que son objet ; mais elle est aussi naturelle, et doit √™tre appel√©e de ce nom, parce que l’homme est naturellement et par une suite des lois de la naissance, enfant de col√®re, d√®s le premier moment de sa vie. Comme cette impuissance na√ģt avec lui, il ne peut s’en d√©livrer que par la gr√Ęce victorieuse et triomphante du Saint-Esprit.

CANON 22.
Il y a deux mani√®res par lesquelles Dieu, qui est un juste juge, a promis de justifier l’homme : l’une dans la loi, l’autre dans l’√Čvangile. Dans la loi, il promet de d√©clarer l’homme juste en cons√©quence de ses Ňďuvres ou de ses propres actions. Dans l’√Čvangile, il s’engage √† le traiter comme tel en consid√©ration de l’ob√©issance ou de la justice d’un autre, savoir J√©sus-Christ, notre r√©pondant, dont l’ob√©issance est imput√©e par gr√Ęce √† celui qui croit. Le premier de ces moyens sert √† justifier l’homme innocent, le second, √† justifier l’homme p√©cheur et corrompu. Conform√©ment √† ces deux moyens de justification, l’√Čcriture √©tablit deux Alliance, l’une des Ňďuvres, et l’autre de la gr√Ęce. Celle des Ňďuvres a √©t√© trait√©e avec le premier Adam, et, en lui, avec chacun de ses descendants. Le p√©ch√© ayant rendu cette premi√®re alliance vaine et inutile. Dieu en a trait√© avec les seuls √©lus, dans le second Adam, une seconde, qui est √©ternelle et qui ne sera point sujette √† l’abrogation comme la premi√®re.

CANON 24.
Au reste, cette derni√®re Alliance a eu, suivant la diversit√© des temps, des √©conomies diff√©rentes. Car, quand l’ap√ītre Saint Paul d√©signe la derni√®re √©conomie par ces mots : La dispensation de la pl√©nitude des temps, il nous fait assez clairement entendre qu’il y a eu une autre √©conomie et une autre dispensation dans les si√®cles qui ont pr√©c√©d√© le temps que Dieu avait marqu√© pour la pr√©dication de l’√Čvangile. Mais dans toutes ces deux √©conomies de l’Alliance de gr√Ęce, les √©lus n’ont √©t√© sauv√©s que par l’Ange de la face, par cet agneau immol√© d√®s la fondation du monde, par J√©sus-Christ, par la connaissance de ce serviteur juste et par la foi en lui, aussi bien qu’en son P√®re et en son Esprit. Car J√©sus-Christ est toujours le m√™me, hier, aujourd’hui et dans tous les si√®cles, et nous croyons que c’est par la gr√Ęce du Seigneur J√©sus-Christ que nous serons sauv√©s de m√™me qu’eux, savoir les P√®res. Les m√™mes fondements demeurent in√©branlables dans tous les deux Testaments. Heureux sont ceux qui se confient en lui, c’est-√†-dire dans le Fils ! Celui qui croit en lui n’est point condamn√©, mais celui qui ne croit point est d√©j√† condamn√© ; vous croyez en Dieu, il veut dire le P√®re, croyez aussi en moi. Or, si les P√®res ont cru en J√©sus-Christ, en leur R√©dempteur, il s’en suit qu’ils ont aussi cru au Saint-Esprit, puisque personne ne peut, sans le Saint-Esprit, dire que J√©sus-Christ est le Seigneur. Et, en v√©rit√©, on voit dans le Vieux et le Nouveau Testament tant de preuves qui montrent que les P√®res ont eu cette foi et qu’elle est n√©cessaire pour le salut, qu’il n’y a que ceux qui ferment volontairement les yeux qui puissent ne pas les apercevoir. Il fallait, il est vrai, suivant la nature de l’√©conomie de ces si√®cles-l√†, tirer la connaissance salutaire de J√©sus-Christ et de la tr√®s sainte Trinit√©, non seulement des promesses de Dieu, mais aussi des ombres, des types et des figures de la loi. Quoique cela rend√ģt la chose plus difficile qu’elle ne l’est √† pr√©sent, sous le Nouveau Testament, les connaissances des √©lus √©taient pourtant r√©elles et proportionn√©es au degr√© de r√©v√©lation dont ils jouissaient. Elles √©taient suffisantes, avec la gr√Ęce de Dieu, pour leur procurer le salut et pour consoler leurs √Ęmes.

CANON 25.
Nous condamnons donc la doctrine de ceux qui croient nous √©taler trois alliances enti√®rement distinctes les unes des autres, l’alliance naturelle, l’alliance l√©gale et l’alliance de l’√Čvangile. Ils s’embarrassent si fort en pensant les expliquer, et en voulant d√©terminer la diff√©rence qu’il y a entre elles, qu’ils r√©pandent une grande obscurit√© sur ce qu’il y a de plus important dans les v√©rit√©s de la religion. Ils ne se font aucun scrupule de parler avec trop de rel√Ęchement de la n√©cessit√© qu’il y avait, sous le Vieux Testament, de conna√ģtre J√©sus-Christ, de croire en lui, de se reposer sur sa satisfaction et de mettre de la confiance en la tr√®s sainte Trinit√©. La mani√®re dont ils traitent la th√©ologie nous para√ģt fort dangereuse.

CANON 26.
Enfin, pour pr√©venir les f√Ęcheuses divisions qui causent de toutes parts de si grands ravages dans l’√Čglise de Dieu, nous √† qui le Seigneur a maintenant confi√© la dispensation de l’√Čvangile dans l’√Čglise qui est la maison de Dieu, nous voulons tr√®s s√©rieusement nous soumettre √† cette loi avec tous nos candidats au saint minist√®re et tous ceux qui seront un jour appel√©s par la volont√© et la providence de Dieu √† nous succ√©der dans nos travaux, nous nous engageons, dans ce temps o√Ļ le monde tend √† sa destruction, √† garder fid√®lement, suivant l’exhortation de l’ap√ītre des Gentils, le d√©p√īt qui nous a √©t√© confi√©, √©vitant les discussions vaines et profanes. Nous nous engageons √† conserver religieusement la sinc√©rit√© et la simplicit√© de la connaissance qui est conforme √† la pi√©t√©, et √† pers√©v√©rer constamment dans la charit√© et dans un foi non feinte, qui sont les deux plus excellentes de toutes les vertus. Par cons√©quent, que personne ne s’avise de professer, soit en public, soit en particulier, aucun dogme de la foi douteux, ou nouveau et inou√Į jusqu’√† pr√©sent dans nos √Čglises ; aucun dogme contraire √† la Parole de Dieu, √† notre confession helv√©tique, √† nos livres symboliques et aux canons du synode de Dordrecht ; aucun dogme, enfin, qui n’ait √©t√© prouv√© et √©tabli par l’√Čcriture dans l’assembl√©e publique de nos fr√®res. Sur toutes choses, que non seulement nous enseignions fid√®lement, par la Parole de Dieu, la n√©cessit√© de sanctifier le jour du Dimanche, mais que nous en recommandions aussi et en pressions de toutes nos forces l’observation. Enfin, que toutes les fois que l’occasion s’en pr√©sentera, nous maintenions, nous enseignions et nous prouvions unanimement et fid√®lement, tant dans l’√Čglise que dans les √©coles, la v√©rit√© des canons qui sont ici r√©dig√©s par √©crit, et que nous avons tir√©s de la Parole infaillible de Dieu.


Texte numérisé par CFC Réforme.
Source : Histoire de l'Eglise de Gen√®ve depuis le commencement de la R√©formation jusqu'en 1815. Ed. 1862.