La Confession Belge 1561/1619 (ou confessio belgica)

Article 1. Nous croyons tous de cŇďur et confessons de bouche, qu'il y a une seule et simple essence spirituelle, laquelle nous appelons Dieu √©ternel, incompr√©hensible, invisible, immutable, infini; lequel est tout puissant, tout sage, juste, et source tr√®s abondante de tous biens.

2. Nous le connaissons par deux moyens. Premi√®rement: Par la cr√©ation, conservation et gouvernement du monde universel, d'autant que c'est devant nos yeux comme un beau livre, auquel toutes cr√©atures, petites et grandes, servent de lettres pour nous faire contempler les choses invisibles de Dieu, savoir sa puissance √©ternelle et sa divinit√©, comme dit l'ap√ītre saint Paul. Toutes lesquelles choses sont suffisantes pour convaincre les hommes, et les rendre inexcusables. Secondement: Il se donne √† conna√ģtre √† nous plus manifestement et √©videmment par sa sainte et divine Parole, tout autant pleinement qu'il nous est de besoin en cette vie pour sa gloire et le salut des siens.

3. Nous confessons que cette Parole de Dieu n'a point √©t√© envoy√©e ni apport√©e par volont√© humaine: mais les saints hommes de Dieu ont parl√© √©tant pouss√©s du Saint-Esprit, comme dit saint Pierre. Puis apr√®s, par le soin singulier que notre Dieu a de nous et de notre salut, il a command√© √† ses serviteurs les Proph√®tes et Ap√ītres de r√©diger ses oracles par √©crit: et lui-m√™me a √©crit de son doigt les deux tables de la loi. Pour cette cause, nous appelons tels √©crits: √Čcritures saintes et divines.

4. Nous comprenons l'√Čcriture Sainte aux deux volumes du Vieux et du Nouveau Testament, qui sont livres canoniques, auxquels il n'y a rien √† r√©pliquer. Le nombre en est tel en l'√Čglise de Dieu. Dans l'Ancien Testament: Les cinq livres de Mo√Įse, le livre de Josu√©, des Juges, Ruth, les deux livres de Samuel, et deux des Rois, les deux livres des Chroniques dits Paralipom√®nes, le premier d'Esdras, N√©h√©mie, Ester, Job, les Psaumes de David, les trois livres de Salomon, savoir: les Proverbes, l'Eccl√©siaste, et le Cantique; les quatre grands Proph√®tes: √Čsa√Įe, J√©r√©mie, √Čz√©chiel, et Daniel. Puis les autres douze petits Proph√®tes: Os√©e, Jo√ęl, Amos, Abdias, Jonas, Mich√©e, Nahum, Habacuc, Sophonie, Agg√©e, Zacharie, Malachie. Dans le Nouveau Testament: les quatre √Čvang√©listes, saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean; les Actes des Ap√ītres, les quatorze √Čp√ģtres de saint Paul: aux Romains, deux aux Corinthiens, aux Galates, √Čph√©siens, Philippiens, Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux √† Timoth√©e, √† Tite, Phil√©mon, aux H√©breux; et les sept √Čp√ģtres des autres Ap√ītres, savoir une de saint Jacques, deux de saint Pierre, trois de saint Jean, et une de saint Jude; enfin l'Apocalypse de saint Jean Ap√ītre.

5. Nous recevons tous ces livres-l√† seulement, pour saints et canoniques, pour r√©gler, fonder et √©tablir notre foi, et croyons pleinement toutes les choses qui y sont contenues, non pas tant parce que l'√Čglise les re√ßoit et approuve tels, mais principalement parce que le Saint-Esprit nous rend t√©moignage en notre cŇďur, qu'ils sont de Dieu, et aussi qu'ils sont approuv√©s tels par eux-m√™mes; car les aveugles m√™mes peuvent apercevoir que les choses adviennent qui y sont pr√©dites.

6. Nous mettons diff√©rence entre ces saints livres et les livres apocryphes, qui sont le troisi√®me et quatri√®me livre d'Esdras, le livre de Tobie, Judith, Sapience, Eccl√©siastique, Baruc, ce qui a √©t√© ajout√© √† l'histoire d'Ester, le Cantique des trois enfants en la fournaise, l'histoire de Susanne, l'histoire de l'idole Bel et du Dragon, l'Oraison de Manass√©, et les deux livres des Maccab√©es, lesquels l'√Čglise peut bien lire et y prendre instruction dans les choses conformes aux livres canoniques; mais ils n'ont point telle force et vertu que par un t√©moignage qui en est tir√©, on puisse arr√™ter quelque chose de la foi ou religion chr√©tienne, tant s'en faut qu'ils puissent ramoindrir l'autorit√© des autres saints livres.

7. Nous croyons que cette √Čcriture Sainte contient parfaitement la volont√© divine, et que tout ce que l'homme doit croire pour √™tre sauv√©, y est suffisamment enseign√©. Car puisque toute la mani√®re du service que Dieu requiert de nous y est tr√®s au long d√©crite, les hommes, m√™me fussent-ils Ap√ītres, ne doivent enseigner autrement que ce qui nous a √©t√© enseign√© par les Saintes √Čcritures, encore m√™me que ce f√Ľt un ange du Ciel, comme dit saint Paul: car puisqu'il est d√©fendu d'ajouter ni diminuer √† la Parole de Dieu, cela d√©montre bien que la doctrine est tr√©s parfaite et accomplie en toutes sortes. Aussi ne faut-il pas comparer les √©crits des hommes, quelque saints qu'ils aient √©t√©, aux √©crits divins, ni la coutume √† la v√©rit√© de Dieu (car la v√©rit√© est par-dessus tout), ni le grand nombre, ni l'anciennet√©, ni la succession des temps ni des personnes, ni les conciles, d√©crets, ou arr√™ts: car tous hommes d'eux-m√™mes sont menteurs, et plus vains que la vanit√© m√™me. C'est pourquoi nous rejetons de tout notre cŇďur tout ce qui ne s'accorde √† cette r√®gle infaillible, comme nous sommes enseign√©s de faire par les Ap√ītres, disant: √Čprouvez les esprits s'ils sont de Dieu, et: Si quelqu'un vient √† vous et n'apporte point cette doctrine, ne le recevez point en votre maison.

8. Suivant cette v√©rit√© et Parole de Dieu, nous croyons en un seul Dieu qui est une seule essence, en laquelle il y a trois personnes r√©ellement, et √† la v√©rit√©, et √©ternellement distingu√©es selon leurs propri√©t√©s incommunicables, savoir: le P√®re, le Fils, et le Saint-Esprit; le P√®re √©tant cause, origine et commencement de toutes choses, tant visibles qu'invisibles. Le Fils qui est la Parole, la Sagesse, et l'Image du P√®re. Le Saint-Esprit, la Vertu et Puissance √©ternelle proc√©dante du P√®re et du Fils. Et cependant une telle distinction ne fait pas que Dieu soit divis√© en trois, puisque l'√Čcriture nous enseigne que le P√®re, le Fils, et le Saint-Esprit ont chacun sa personne distincte par des propri√©t√©s; de sorte, toutefois, que ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu. Il est donc manifeste que le P√®re n'est point le Fils, et que le Fils n'est point le P√®re: semblablement que le Saint-Esprit n'est pas le P√®re ni le Fils. Cependant ces personnes ainsi distinctes ne sont pas divis√©es, ni confondues, ni m√™l√©es: car le P√®re n'a point pris chair ni aussi le Saint-Esprit, mais √ßa a √©t√© seulement le Fils. Le P√®re n'a jamais √©t√© sans son Fils ni sans son Saint-Esprit, parce que tous trois sont d'√©ternit√© √©gale, en une m√™me essence. Il n'y a point de premier ni de dernier, car tous trois sont un en v√©rit√© et puissance, en bont√© et mis√©ricorde.

9. Nous connaissons toutes ces choses tant par les t√©moignages de la Sainte √Čcriture, que par les effets, et principalement par ceux-l√† que nous sentons en nous. Les t√©moignages des √Čcritures Saintes qui nous enseignent de croire cette sainte Trinit√© sont √©crits en plusieurs lieux de l'Ancien Testament, qui n'ont point besoin de d√©nombrement, mais de choix et de discr√©tion. Au livre de la Gen√®se Dieu dit: Faisons l'homme √† notre image, et selon notre semblance, etc. Dieu donc cr√©a l'homme √† son image: il les cr√©a, dis-je, m√Ęle et femelle. Voici Adam est fait comme l'un de nous. Il appert par cela, qu'il y a pluralit√© de personnes en la Divinit√©, quand il dit: Faisons l'homme √† notre image; et puis il montre l'unit√© quand il dit: Dieu cr√©a, etc. Il est vrai qu'il ne dit point l√† combien il y a de personnes; mais ce qui nous est obscur en l'Ancien Testament nous est tr√®s clair au Nouveau. Car quand notre Seigneur f√Ľt baptis√© au Jourdain, la voix du P√®re a √©t√© entendue, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aim√©; le Fils est vu en l'eau, et le Saint-Esprit appara√ģt en forme de colombe. De m√™me au bapt√™me de tous fid√®les cette fa√ßon a √©t√© ordonn√©e de Christ: Baptisez toutes les nations au nom du P√®re et du Fils et du Saint-Esprit. En l'√Čvangile selon Saint Luc, l'ange Gabriel parle ainsi √† Marie, m√®re de notre Seigneur: Le Saint-Esprit surviendra en toi et la vertu du Souverain te couvrira de son ombre, c'est pourquoi ce qui na√ģtra de toi saint, sera appel√© le Fils de Dieu. Et ailleurs il est dit: La gr√Ęce de notre Seigneur J√©sus-Christ, et la charit√© de Dieu, et la communication du Saint-Esprit soient avec vous. Il y en a trois qui donnent t√©moignage au ciel, le P√®re, la Parole, et le Saint-Esprit et ces trois sont un. Dans tous ces passages nous sommes √† plein enseign√©s des trois personnes en une seule essence divine. Et quoique cette doctrine surpasse l'entendement humain, cependant nous la croyons maintenant par la Parole, attendant d'en avoir pleine connaissance et jouissance au ciel. Or il faut aussi noter les offices et effets particuliers des trois personnes envers nous. Le P√®re est appel√© notre Cr√©ateur par sa vertu. Le Fils est notre Sauveur et R√©dempteur par son sang. Le Saint-Esprit est notre sanctificateur par sa demeurance en nos cŇďurs. Cette doctrine de la sainte Trinit√© a toujours √©t√© maintenue en la vraie √Čglise, depuis le temps des Ap√ītres jusqu'√† pr√©sent, contre les Juifs, les Mahom√©tans, et contre quelques faux chr√©tiens et h√©r√©tiques, comme Marcion, Man√®s, Prax√©as, Sabellius, Paul de Samosate, Arius et autres semblables, lesquels √† bon droit ont √©t√© condamn√©s par les Saints P√®res. Ainsi nous recevons volontiers en cette mati√®re les trois symboles, celui des Ap√ītres, ceux de Nic√©e et d'Athanase, et semblablement ce qui en a √©t√© d√©termin√© par les Anciens conform√©ment √† ceux-ci.

10. Nous croyons que J√©sus-Christ, quant √† sa nature divine, est Fils unique de Dieu, √©ternellement engendr√©, n'√©tant ni fait ni cr√©√© (car il serait cr√©ature), d'une essence avec le P√®re, co√©ternel, la marque engrav√©e de la personne du P√®re, et la splendeur de sa gloire, √©tant en tout semblable √† Lui; lequel est Fils de Dieu non point seulement depuis qu'il a pris notre nature, mais de toute √©ternit√©; comme ces t√©moignages nous enseignent, √©tant rapport√©s l'un √† l'autre. Mo√Įse dit que Dieu a cr√©√© le monde; Saint-Jean dit que toutes choses ont √©t√© cr√©√©es par la Parole, laquelle il appelle Dieu. L'ap√ītre dit que Dieu a fait les si√®cles par son Fils. Saint Paul dit encore que Dieu a cr√©√© toutes choses par J√©sus-Christ. Il faut donc que celui qui est nomm√© Dieu, Parole, Fils, et J√©sus-Christ, ait d√©j√† √©t√© lorsque toutes choses ont √©t√© cr√©√©es par lui. C'est pourquoi le proph√®te Mich√©e dit: Son issue est d√®s les jours d'√©ternit√©. Et l'ap√ītre: Il est sans commencement de jours, sans fin de vie. Il est donc le vrai Dieu √©ternel, le Tout-Puissant, lequel nous invoquons, adorons et servons.

11. Nous croyons et confessons aussi que le Saint-Esprit proc√®de √©ternellement du P√®re et du Fils, n'√©tant ni fait, ni cr√©√©, ni aussi engendr√©, mais seulement proc√©dant des deux; lequel est la troisi√®me personne de la Trinit√© en ordre, d'une m√™me essence et majest√© et gloire avec le P√®re et le Fils, √©tant vrai et √©ternel Dieu, comme nous enseignent les √Čcritures Saintes.

12. Nous croyons que le P√®re a cr√©√© de rien le ciel et la terre, et toutes cr√©atures, quand bon lui a sembl√©, par sa Parole, c'est-√†-dire par son Fils, donnant √† chaque cr√©ature leur √™tre, forme et figures, et divers offices pour servir √† leur Cr√©ateur: et que maintenant m√™me il les soutient et gouverne toutes selon sa providence √©ternelle et par sa vertu infinie, pour servir √† l'homme, afin que l'homme serve √† son Dieu. Il a aussi cr√©√© les anges bons pour √™tre ses messagers et pour servir √† ses √©lus: desquels les uns sont tr√©buch√©s de l'excellence en laquelle Dieu les avait cr√©√©s, en perdition √©ternelle; et les autres ont persist√© et demeur√© en leur premier √©tat, par la gr√Ęce de Dieu. Les diables et esprits malins sont tellement corrompus, qu'ils sont ennemis de Dieu et de tout bien, √©piant l'√Čglise comme brigands, de tout leur pouvoir, et aussi chaque membre, pour tout d√©truire et g√Ęter par leurs tromperies; c'est pourquoi, par leur propre malice, ils sont condamn√©s √† perp√©tuelle damnation, attendant de jour en jour leurs tourments. Et sur ceci nous d√©testons l'erreur des sadduc√©ens qui nient qu'il y ait des esprits et des anges, et aussi l'erreur des Manich√©ens qui disent que les diables ont leur origine d'eux-m√™mes, √©tant mauvais de leur propre nature sans avoir √©t√© corrompus.

13. Nous croyons que ce bon Dieu, apr√®s avoir cr√©√© toutes choses, ne les a pas abandonn√©es √† l'aventure ni √† fortune; mais les conduit et gouverne de telle fa√ßon, selon sa sainte volont√©, que rien n'advient en ce monde sans son ordonnance, quoique toutefois Dieu ne soit point auteur ni coupable du mal qui arrive; car sa puissance et bont√© est tellement grande et incompr√©hensible, que m√™me il ordonne et fait tr√®s bien et justement son Ňďuvre, quand m√™me le diable et les m√©chants font injustement. Et quant √† ce qu'il fait outrepassant le sens humain, nous ne voulons nous en enqu√©rir curieusement plus que notre capacit√© ne porte, mais, en toute humilit√© et r√©v√©rence, nous adorons les justes jugements de Dieu qui nous sont cach√©s, nous contentant d'√™tre disciples de Christ, pour apprendre seulement ce qu'il nous montre par sa Parole, et ne point outrepasser ces bornes. Cette doctrine nous apporte une consolation indicible, puisque nous sommes enseign√©s par elle, que rien ne nous peut arriver √† l'aventure, mais par l'ordonnance de notre bon P√®re c√©leste, lequel veille pour nous par un soin paternel, tenant toutes cr√©atures sujettes √† lui; de sorte que pas un des cheveux de notre t√™te (car ils sont tous nombr√©s) ni m√™me un petit oiseau, ne peut tomber en terre, sans la volont√© de notre P√®re. En quoi nous nous reposons, sachant qu'il tient les diables en bride, et tous nos ennemis, qui ne nous peuvent nuire sans sa permission et bonne volont√©. Sur cela nous rejetons l'erreur damnable des √©picuriens, qui disent que Dieu ne se m√™le de rien et laisse aller toutes choses √† l'aventure.

14. Nous croyons que Dieu a cr√©√© l'homme du limon de la terre, et l'a fait et form√© √† son image et ressemblance, bon, juste et saint, pouvant par son vouloir accorder en tout au vouloir de Dieu; mais quand il a √©t√© en honneur, il n'en a rien su; et n'a pas reconnu son excellence, mais s'est volontairement assujetti au p√©ch√©, et par cons√©quent √† mort et √† mal√©diction, en pr√™tant l'oreille √† la parole du diable. Car il a transgress√© le commandement de vie qu'il avait re√ßu, et s'est retranch√© de Dieu, qui √©tait sa vraie vie, par son p√©ch√©, ayant corrompu toute sa nature, par o√Ļ il s'est rendu coupable de mort corporelle et spirituelle, et √©tant devenu m√©chant, pervers, corrompu en toutes ses voies, a perdu tous ses excellents dons qu'il avait re√ßus de Dieu, et il ne lui en est demeur√© de reste que de petites traces, qui sont suffisantes pour rendre l'homme inexcusable, d'autant que tout ce qui est de lumi√®re en nous est converti en t√©n√®bres, comme l'√Čcriture nous enseigne, disant: La lumi√®re luit dans les t√©n√®bres et les t√©n√®bres ne l'ont point comprise o√Ļ saint Jean appelle les hommes t√©n√®bres. Par quoi mous rejetons tout ce qu'on enseigne du franc arbitre de l'homme, parce qu'il n'est que serf de p√©ch√©, et ne peut aucune chose, s'il ne lui est donn√© du Ciel; car qui est-ce qui se vantera de pouvoir faire quelque bien, comme de soi-m√™me, puisque Christ dit: Nul ne peut venir √† moi si mon P√®re qui m'a envoy√©, ne l'attire? Qui all√©guera sa volont√©, entendant que l'affection de la chair est inimiti√© contre Dieu? Qui parlera de sa connaissance, voyant que l'homme sensuel ne comprend point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu? Bref, qui mettra en avant une seule pens√©e? vu qu'il entend que nous ne sommes pas capables de penser quelque chose comme de nous-m√™mes mais que notre capacit√© est de Dieu? C'est pourquoi ce que dit l'ap√ītre doit √† bon droit demeurer ferme et arr√™t√©, que Dieu fait en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Car il n'y a ni entendement ni volont√© conforme √† celle de Dieu si Christ n'y a op√©r√©, ce qu'il nous enseigne, disant: Sans moi vous ne pouvez rien faire.

15. Nous croyons que par la d√©sob√©issance d'Adam, le p√©ch√© originel a √©t√© r√©pandu par tout le genre humain; lequel p√©ch√© est une corruption de toute la nature, et un vice h√©r√©ditaire, duquel m√™me sont entach√©s les petits enfants au ventre de leur m√®re: et qui produit en l'homme toute sorte de p√©ch√©, y servant de racine, dont il est tant vilain et √©norme devant Dieu qu'il est suffisant pour condamner le genre humain, et n'est pas aboli m√™me par le bapt√™me, ou d√©racin√© du tout, vu que toujours les bouillons en sortent comme d'une malheureuse source; quoique toutefois il ne soit point imput√© √† condamnation aux enfants de Dieu, mais pardonn√© par sa gr√Ęce et mis√©ricorde, non point afin qu'ils s'endorment, mais afin que le sentiment de cette corruption fasse souvent g√©mir les fid√®les, d√©sirant d'√™tre d√©livr√©s du corps de cette mort. Sur cela nous rejetons l'erreur des p√©lagiens qui disent que ce p√©ch√© n'est autre chose qu'une imitation.

16. Nous croyons que toute la race d'Adam √©tant ainsi pr√©cipit√©e en perdition et ruine par la faute du premier homme, Dieu s'est d√©montr√© tel qu'il est, savoir mis√©ricordieux et juste: mis√©ricordieux, en retirant et sauvant de cette perdition ceux qu'en son conseil √©ternel et immuable il a √©lus et choisis par sa pure bont√© en J√©sus-Christ notre Seigneur, sans aucun √©gard de leurs Ňďuvres; juste, en laissant les autres en leur ruine et tr√©buchement o√Ļ ils se sont pr√©cipit√©s.

17. Nous croyons que notre bon Dieu par sa merveilleuse sagesse et bonté, voyant que l'homme s'était ainsi précipité en la mort, tant corporelle que spirituelle, et rendu entièrement malheureux, s'est lui-même mis à le chercher, lorsque l'homme s'enfuyait de lui tout tremblant, et l'a consolé, lui faisant promesse de lui donner son Fils, fait de femme, pour briser la tête du serpent, et le faire bienheureux.

18. Nous confessons donc que Dieu a accompli la promesse qu'il avait faite aux anciens P√®res, par la bouche de ses saints Proph√®tes, en envoyant son propre Fils unique et √©ternel au monde, au temps ordonn√© par lui; lequel a pris la forme de serviteur, fait √† la ressemblance des hommes, prenant vraiment √† soi une vraie nature humaine, avec toutes ses infirmit√©s (except√© le p√©ch√©), √©tant con√ßu dans le sein de la bienheureuse vierge Marie, par la vertu du Saint-Esprit sans Ňďuvre d'homme; et non seulement il a pris la nature humaine quant au corps, mais aussi une vraie √Ęme humaine, afin qu'il f√Ľt vrai homme: car puisque l'√Ęme √©tait aussi bien perdue que le corps il fallait qu'il pr√ģt √† soi tous les deux pour les sauver ensemble. C'est pourquoi nous confessons - contre l'h√©r√©sie des anabaptistes, niant que Christ a pris chair humaine de sa m√®re - que Christ a particip√© √† la m√™me chair et sang des enfants, qu'il est fruit des reins de David selon la chair; fait de la semence de David selon la chair; fruit du ventre de la vierge Marie; fait de femme germe de David; rejeton de la racine de Jess√©; sorti de Juda; descendu des Juifs selon la chair; de la semence d'Abraham, puis qu'il a pris la semence d'Abraham, et a √©t√© fait semblable √† ses fr√®res, except√© le p√©ch√©; de sorte qu'il est par ce moyen vraiment notre Emmanuel, c'est-√†-dire Dieu avec nous.

19. Nous croyons que par cette conception la personne du Fils a √©t√© unie et conjointe ins√©parablement avec la nature humaine, de sorte qu'il n'y a point deux Fils de Dieu ni deux personnes, mais deux natures unies en une seule personne, chaque nature retenant ses propri√©t√©s distinctes. Ainsi que la nature divine est toujours demeur√©e incr√©√©e, sans commencement de jours ni fin de vie, remplissant le ciel et la terre: la nature humaine n'a pas perdu ses propri√©t√©s, mais est demeur√©e cr√©ature, ayant commencement de jours, √©tant d'une nature finie et retenant tout ce qui convient √† un vrai corps. Et encore que par sa r√©surrection il lui ait donn√© immortalit√©, n√©anmoins il n'a pas chang√©, la v√©rit√© de sa nature humaine; attendu que notre salut et r√©surrection d√©pendent aussi de la v√©rit√© de son corps. Mais ces deux natures sont tellement unies ensemble en une personne, qu'elles n'ont pas m√™me √©t√© s√©par√©es par sa mort. Ce qu'il a donn√© en mourant recommand√© a son P√®re c'√©tait un vrai esprit humain, lequel sortit de son corps, mais cependant la nature divine demeura toujours unie √† l'humaine, m√™me √©tant gisante au tombeau; et la divinit√© ne laissait d'√™tre en lui, comme elle √©tait en lui quand il √©tait petit enfant, quoique pour un peu de temps elle ne se d√©montr√Ęt pas ainsi. Voil√† pourquoi nous le confessons √™tre vrai Dieu et vrai homme: vrai Dieu pour vaincre la mort par sa puissance, et vrai homme, afin qu'il p√Ľt mourir pour nous selon l'infirmit√© de sa chair.

20. Nous croyons que Dieu étant très parfaitement miséricordieux et aussi très juste, a envoyé son Fils prendre la nature en laquelle la désobéissance avait été commise, pour porter, en elle, la punition du péché par sa très rigoureuse mort et passion Dieu donc a déclaré sa justice envers son Fils, chargé de nos péchés, et a répandu sa bonté et miséricorde sur nous, coupables et dignes de damnation, nous donnant son Fils à la mort, par un très parfait amour, et le ressuscitant pour notre justification; afin que par lui nous eussions immortalité et vie éternelle.

21. Nous croyons que J√©sus-Christ est grand Sacrificateur √©ternellement, avec serment, selon l'ordre de Melchis√©dec, et s'est pr√©sent√© en notre nom devant son P√®re, pour apaiser sa col√®re avec pleine satisfaction, en s'offrant lui-m√™me sur l'autel de la croix, et r√©pandant son pr√©cieux sang pour la purification de nos p√©ch√©s, comme les Proph√®tes avaient pr√©dit: car il est √©crit que le ch√Ętiment qui nous procure la paix a √©t√© mis sur le Fils de Dieu, et que nous sommes gu√©ris par ses plaies; qu'il a √©t√© men√© √† la mort comme un agneau, mis au rang des p√©cheurs; condamn√© comme malfaiteur par Ponce Pilate, quoiqu'il le pronon√ß√Ęt innocent. Il a donc pay√© ce qu'il n'avait point ravi, et a souffert, lui juste pour les injustes, m√™me en son corps et en son √Ęme, de sorte que sentant l'horrible punition due √† nos p√©ch√©s, sa sueur devint comme grumeaux de sang d√©coulant en terre. Il a cri√©: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu d√©laiss√©? et a endur√© tout cela pour la r√©mission de nos p√©ch√©s. C'est pourquoi, √† bon droit, nous disons avec saint Paul, que nous ne connaissons autre chose sinon J√©sus-Christ et J√©sus-Christ crucifi√©; nous estimons toutes choses comme de l'ordure, en comparaison de l'excellence de la connaissance de notre Seigneur J√©sus-Christ; nous trouvons toutes consolations en ses plaies, et n'avons besoin de chercher ni inventer d'autre moyen pour nous r√©concilier avec Dieu, que ce seul et unique sacrifice une fois fait, lequel rend les fid√®les parfaits √† perp√©tuit√©; c'est aussi la cause pourquoi il a √©t√© appel√© par l'ange de Dieu, J√©sus, c'est-√†-dire Sauveur, vu qu'il devait sauver son peuple de ses p√©ch√©s.

22. Nous croyons que pour obtenir la vraie connaissance de ce grand myst√®re, le Saint-Esprit allume en nos cŇďurs une vraie foi, laquelle embrasse J√©sus-Christ avec tous ses m√©rites, et le fait sien, et ne cherche plus rien hors de lui. Car il faut n√©cessairement que ce qui est requis pour notre salut ne soit point tout en J√©sus-Christ; ou, si tout y est, que celui qui a J√©sus-Christ par la foi, ait tout son salut. De dire donc que Christ ne suffit point, mais qu'il y faut quelque autre chose avec, c'est un blasph√®me trop √©norme contre Dieu; car il s'ensuivrait que J√©sus-Christ ne serait que demi Sauveur. C'est pourquoi, √† juste cause, nous disons avec saint Paul, que nous sommes justifi√©s par la seule foi, ou par la foi sans les Ňďuvres. Cependant nous n'entendons pas √† proprement parler, que ce soit la foi m√™me qui nous justifie; car elle n'est que l'instrument par lequel nous embrassons Christ notre justice: mais J√©sus-Christ nous allouant tous ses m√©rites et tant de saintes Ňďuvres qu'il a faites pour nous et en notre nom, est notre justice, et la foi est l'instrument qui nous tient avec lui en la communion de tous ses biens: lesquels √©tant fait n√ītres, nous sont plus que suffisants pour nous absoudre de nos p√©ch√©s.

23. Nous croyons que notre b√©atitude g√ģt en la r√©mission de nos p√©ch√©s √† cause de J√©sus-Christ, et qu'en cela est contenue notre justice devant Dieu, comme David et saint Paul nous enseignent, d√©clarant la b√©atitude de l'homme, √† qui Dieu alloue justice sans Ňďuvres. Et le m√™me Ap√ītre dit que nous sommes justifi√©s gratuitement ou par gr√Ęce, par la r√©demption qui est en J√©sus-Christ. C'est pourquoi nous tenons ce fondement ferme √† jamais, donnant toute gloire √† Dieu, en nous humiliant et reconnaissant tels que nous sommes, sans rien pr√©sumer de nous m√™mes ni de nos m√©rites, et nous nous appuyons et reposons en la seule ob√©issance de Christ crucifi√©; laquelle est n√ītre, quand nous croyons en lui. Elle est suffisante pour couvrir toutes nos iniquit√©s, et nous rendre assur√©s, √©loignant de notre conscience la crainte, l'horreur et l'√©pouvantement, pour nous approcher de Dieu sans faire comme notre premier p√®re Adam, lequel tremblant se voulait couvrir avec des feuilles de figuier. Et de fait s'il nous fallait compara√ģtre devant Dieu √©tant appuy√©s tant peu que ce soit sur nous, ou sur quelque autre cr√©ature, h√©las! nous serions engloutis. C'est pourquoi chacun doit dire avec David: √Ē Seigneur, n'entre point en jugement avec tes serviteurs, car devant toi homme qui vive ne sera justifi√©.

24. Nous croyons que cette vraie foi √©tant engendr√©e en l'homme par l'ou√Įe de la Parole de Dieu et par l'op√©ration du Saint-Esprit, le r√©g√©n√®re, et le fait un nouvel homme, le faisant vivre d'une nouvelle vie, l'affranchissant de la servitude du p√©ch√©. Ainsi tant s'en faut que cette foi justifiante refroidisse les hommes de vivre bien et saintement, que tout au rebours, sans elle jamais ils ne feront rien pour l'amour de Dieu, mais seulement pour l'amour d'eux-m√™mes et craignant d'√™tre condamn√©s. Il est donc impossible que cette sainte foi soit oisive en l'homme, vu que nous ne parlons pas de la foi vaine, mais de celle que l'√Čcriture appelle foi op√©rante par la charit√©, laquelle induit l'homme √† s'exercer dans les Ňďuvres que Dieu a command√©es par sa Parole; lesquelles Ňďuvres proc√©dant de la bonne racine de foi, sont bonnes et re√ßues devant Dieu, puisqu'elles sont toutes sanctifi√©es par sa gr√Ęce. Cependant elles ne viennent point en compte pour nous justifier: car c'est par la foi en Christ que nous sommes justifi√©s m√™me avant de faire de bonnes Ňďuvres; autrement elles ne pourraient √™tre bonnes, non plus que le fruit d'un arbre ne peut √™tre bon, que premi√®rement l'arbre ne soit bon. Nous faisons donc de bonnes Ňďuvres, mais non point pour m√©riter (car que m√©riterions-nous?) mais plut√īt nous sommes redevables √† Dieu pour les bonnes Ňďuvres que nous faisons, et non pas Lui envers nous, puisque c'est lui qui met en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir, regardant √† ce qui est √©crit: Quand vous aurez fait tout ce qui vous est command√©, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles, ce que nous devions faire nous l'avons fait. Nous ne voulons pas cependant nier que Dieu ne r√©mun√®re les bonnes Ňďuvres, mais c'est par sa gr√Ęce qu'il couronne ses dons. Au reste, quoique nous fassions de bonnes Ňďuvres, nous n'y fondons point notre salut: car nous ne pouvons faire aucune Ňďuvre qui ne soit souill√©e par notre chair, et aussi digne de punition, et quand nous en pourrions montrer une, la m√©moire d'un seul p√©ch√© suffit pour la rejeter devant Dieu: de cette mani√®re nous serions toujours en doute et flottant √ß√† et l√† sans aucune certitude; et nos pauvres consciences seraient toujours tourment√©es, si elles ne se reposaient sur le m√©rite de la mort et passion de notre Sauveur.

25. Nous croyons que les c√©r√©monies et figures de la Loi ont cess√© √† la venue de Christ, et toutes ombres ont pris fin, de sorte que l'usage en doit √™tre √īt√© entre les chr√©tiens. Toutefois la v√©rit√© et la substance nous en demeurent en J√©sus-Christ, en qui elles ont leur accomplissement; cependant nous usons encore des t√©moignages pris de la Loi et des Proph√®tes pour nous confirmer en l'√Čvangile, et aussi pour r√©gler notre vie en toute honn√™tet√©, √† la gloire de Dieu, suivant sa volont√©.

26. Nous croyons que nous n'avons d'acc√®s vers Dieu, sinon par un seul M√©diateur et Avocat J√©sus-Christ, le juste, qui pour cette cause a √©t√© fait Homme, unissant ensemble la nature divine et humaine, afin que nous hommes ayons entr√©e vers la majest√© divine: autrement nous n'y aurions point d'entr√©e. Mais ce M√©diateur que le P√®re nous a donn√© entre lui et nous, ne nous doit pas √©pouvanter par sa grandeur, pour nous en faire chercher un autre √† notre fantaisie: car il n'y a personne ni au ciel ni en terre entre les cr√©atures, qui nous aime plus que J√©sus-Christ, lequel, bien qu'il f√Ľt en la forme de Dieu, s'est an√©anti lui-m√™me, prenant la forme d'homme et de serviteur pour nous, et s'est fait en tout semblable √† ses fr√®res. Si donc il nous fallait trouver un autre intercesseur qui nous ait en affection, qui trouverions-nous qui nous aime plus que celui qui a mis sa vie pour nous, lors m√™me que nous √©tions ses ennemis? Et s'il en faut trouver un qui ait cr√©dit et puissance, qui est celui qui en a autant que celui qui est assis √† la droite du P√®re, et qui a toute puissance au ciel et en la terre? Et qui sera plut√īt exauc√© que le propre Fils de Dieu bien-aim√©? La seule d√©fiance donc a amen√© cette coutume de d√©shonorer les saints au lieu de les honorer, faisant ce que jamais ils n'ont fait ni demande; mais l'ont rejet√© constamment, et selon leur devoir, comme il appert par leurs √©crits. Il ne faut pas ici all√©guer que nous ne sommes pas dignes: car il n'est point ici question de pr√©senter nos pri√®res sur notre dignit√© mais seulement sur l'excellence et la dignit√© de J√©sus-Christ, duquel la justice est n√ītre par la foi. C'est pourquoi, √† bon droit, l'Ap√ītre nous voulant √īter cette folle crainte, ou plut√īt d√©fiance, nous dit que J√©sus-Christ a √©t√© fait en tout semblable √† ses fr√®res, afin qu'il f√Ľt souverain sacrificateur, mis√©ricordieux et fid√®le pour purifier les p√©ch√©s du peuple: car parce qu'il a souffert √©tant tent√©, il est aussi puissant pour secourir ceux qui sont tent√©s. Et puis apr√®s, afin de nous donner meilleur courage d'approcher pr√®s de lui, il dit: Nous donc ayant un souverain sacrificateur, J√©sus Fils de Dieu, qui est entr√© aux cieux, tenons la confession: car nous n'avons point un souverain sacrificateur qui ne puisse avoir compassion de nos infirmit√©s, mais qui a √©t√© tent√© de m√™me que nous en toutes choses except√© le p√©ch√©; allons donc avec confiance au tr√īne de la gr√Ęce, afin que nous obtenions mis√©ricorde, et trouvions gr√Ęce pour √™tre aides. Le m√™me Ap√ītre dit que nous avons libert√© d'entrer au lieu saint par le sang de J√©sus: Allons donc, dit-il, en certitude de foi, etc. Et encore: Christ a perp√©tuelle sacrificature; c'est pourquoi il peut sauver en plein ceux qui s'approchent de Dieu par lui, toujours vivant pour interc√©der pour eux. Que faut-il davantage? puisque Christ lui-m√™me prononce: Je suis la voie, la v√©rit√©, la vie: nul ne peut venir √† mon P√®re, sinon par moi. A quel propos chercherons-nous un autre avocat? puisqu'il a plu √† Dieu de nous donner son Fils pour √™tre notre Avocat. Ne le laissons point l√† pour en prendre un autre, ou plut√īt chercher sans jamais trouver: car quand Dieu nous l'a donn√©, il savait bien que nous √©tions p√©cheurs. C'est pourquoi, suivant le commandement de Christ, nous invoquons le P√®re c√©leste par Christ notre seul M√©diateur, comme nous sommes enseign√©s par l'Oraison Dominicale, √©tant assur√©s que tout ce que nous demanderons au P√®re en son nom, nous l'obtiendrons.

27. Nous croyons et confessons une seule √Čglise catholique ou universelle, laquelle est une sainte congr√©gation et assembl√©e des vrais fid√®les Chr√©tiens, attendant tout leur salut en J√©sus-Christ, √©tant lav√©s par son sang, et sanctifi√©s et scell√©s par le Saint-Esprit. Cette √Čglise a √©t√© d√®s le commencement du monde, et sera ainsi jusqu'√† la fin, comme il appert en ce que Christ est Roi √©ternel, qui ne peut √™tre sans sujets. Et cette sainte √Čglise est maintenue de Dieu contre la rage de tout le monde, encore que pour quelque temps elle soit bien petite en apparence, aux yeux des hommes, et comme √©teinte; comme le Seigneur pendant un temps si dangereux qu'√©tait celui d'Achab, s'est r√©serv√© sept mille hommes, qui n'ont pas ploy√© le genou devant Baal. Aussi cette sainte √Čglise n'est point situ√©e, attach√©e ni limit√©e en un certain lieu, ou √† certains personnages; mais elle est r√©pandue et dispers√©e par tout le monde, √©tant toutefois jointe et unie de cŇďur et de volont√©, en un m√™me esprit par la vertu de la foi.

28. Nous croyons que puisque cette sainte assembl√©e et congr√©gation, est l'assembl√©e des sauv√©s, et qu'il n'y a point de salut hors d'elle, que nul, de quelque √©tat et qualit√© qu'il soit, ne se doit retirer √† part pour se contenter de sa personne, mais tous ensemble s'y doivent ranger et unir, entretenant l'unit√© de l'√Čglise, en se soumettant √† son instruction et discipline, ployant le col sous le joug de J√©sus-Christ, et servant √† l'√©dification des fr√®res, selon les dons que Dieu a mis en eux, comme membres communs d'un m√™me corps; et, afin que cela se puisse mieux garder, c'est le devoir de tous fid√®les, selon la Parole de Dieu, de se s√©parer de ceux qui ne sont point de l'√Čglise pour se ranger √† cette assembl√©e, en quelque lieu que Dieu l'ait mise, encore que les magistrats, et les √©dit s des Princes fussent contraires, et que la mort et punition corporelle en d√©pend√ģt. Ainsi tous ceux qui s'en retirent, ou ne s'y rangent, contrarient √† l'ordonnance de Dieu.

29. Nous croyons qu'il faut bien diligemment discerner, et avec bonne prudence par la Parole de Dieu, quelle est la vraie √Čglise, √† cause que toutes les sectes qui sont aujourd'hui au monde se couvrent de ce nom de l'√Čglise. Nous ne parlons pas ici de la compagnie des hypocrites qui sont m√™l√©s parmi les bons en l'√Čglise, et cependant n'en sont point, bien qu'ils y soient pr√©sents quant au corps; mais nous parlons de distinguer le corps et la communion de la vraie √Čglise d'avec toutes autres sectes qui se disent √™tre l'√Čglise. Les marques pour conna√ģtre la vraie √Čglise sont telles: Si l'√Čglise use de la pure pr√©dication de l'√Čvangile; si elle use de la pure administration des sacrements, comme Christ les a ordonn√©s; si la discipline eccl√©siastique est en usage pour corriger les vices. Bref, si on se r√®gle selon la pure Parole de Dieu, rejetant toutes choses contraires √† elle, tenant J√©sus-Christ pour le seul chef. Par cela on peut √™tre assur√© de conna√ģtre la vraie √Čglise, et n'est le devoir d'aucun d'en √™tre s√©par√©. Et quant √† ceux qui sont de l'√Čglise, on les peut conna√ģtre par les marques des Chr√©tiens; savoir par la foi, et quand, ayant re√ßu un seul sauveur J√©sus-Christ, ils fuient le p√©ch√© et suivent justice, aimant le vrai Dieu et leurs prochains, sans se d√©tourner √† droite ou √† gauche, crucifiant leur chair avec ses faits; non pas toutefois qu'il n'y ait une grande infirmit√© en eux, mais ils combattent contre par l'Esprit, tous les jours de leur vie, ayant continuellement recours au sang, √† la mort, passion et ob√©issance du Seigneur J√©sus, par lequel ils ont r√©mission de leurs p√©ch√©s en la foi en lui. Quant √† la fausse √Čglise, elle s'attribue √† elle et √† ses ordonnances plus d'autorit√© qu'√† la Parole de Dieu. Elle ne veut pas s'assujettir au joug de Christ. Elle n'administre point les sacrements selon que Christ a ordonn√© par sa Parole; mais elle y ajoute et diminue, comme il lui plait; elle se fonde sur les hommes plus que sur J√©sus-Christ; elle pers√©cute ceux qui vivent saintement selon la Parole de Dieu, et qui la reprennent de ses vices, de ses avarices de ses idol√Ętries. Ces deux √Čglises sont ais√©es √† conna√ģtre pour les distinguer l'une de l'autre.

30. Nous croyons, que cette vraie √Čglise doit √™tre gouvern√©e selon la police spirituelle que notre Seigneur nous a enseign√©e par sa Parole: savoir qu'il y ait des Ministres ou Pasteurs pour pr√™cher la Parole de Dieu et administrer les sacrements; qu'il y ait aussi des Surveillants et des Diacres, pour √™tre avec les Pasteurs, comme le s√©nat de l'√Čglise, et par ce moyen conserver la vraie religion, et faire que la vraie doctrine ait son cours, et aussi que les hommes vicieux soient corrig√©s spirituellement, et tenus sous bride; afin aussi que les pauvres et tous afflig√©s soient secourus et consol√©s, selon qu'ils en ont besoin. Par ce moyen toutes choses iront bien et par bon ordre en l'√Čglise, quand de tels personnages seront √©lus fid√®les et selon la r√®gle qu'en donne saint Paul √† Timoth√©e.

31. Nous croyons que les ministres de la Parole de Dieu, les anciens, et les diacres, doivent √™tre √©lus en leurs offices par √©lection l√©gitime de l'√Čglise, avec l'invocation du nom de Dieu, avec ordre, comme la Parole de Dieu enseigne. Chacun donc doit bien se donner garde de s'ing√©rer par moyens illicites, mais doit attendre le temps qu'il soit appel√© de Dieu, afin qu'il ait le t√©moignage de sa vocation, pour √™tre certain et assur√© qu'elle est du Seigneur. Et quant aux ministres de la Parole, en quelque lieu qu'ils soient, ils ont une m√™me puissance et autorit√©, √©tant tous ministres de J√©sus-Christ, seul √Čv√™que universel et seul Chef de l'√Čglise. De plus, afin que la saint ordonnance de Dieu ne puisse √™tre viol√©e ou venir √† m√©pris, nous disons que chacun doit avoir les ministres de la Parole et les anciens de l'√Čglise, en singuli√®re estime, pour l'Ňďuvre qu'ils font, et √™tre en paix avec eux, sans murmure, d√©bat, ou contention, autant que faire se peut.

32. Nous croyons cependant que bien qu'il soit utile et bon aux gouverneurs de l'√Čglise d'√©tablir et disposer certain ordre entre eux, pour l'entretien du corps de l'√Čglise, ils se doivent toutefois bien garder de d√©cliner de ce que Christ notre seul Ma√ģtre nous a ordonn√©. C'est pourquoi nous rejetons toutes inventions humaines, et toutes lois qu'on voudrait introduire pour servir Dieu, et par elles lier et √©treindre les consciences en quelque sorte que ce soit. Nous recevons donc seulement ce qui est propre pour garder et nourrir concorde et union, et entretenir tout en l'ob√©issance de Dieu: √† quoi est requise l'excommunication faite selon la Parole de Dieu avec ce qui en d√©pend.

33. Nous croyons que notre bon Dieu ayant √©gard √† notre rudesse et infirmit√©, nous a ordonn√© des Sacrements, pour sceller en nous ses promesses, et nous √™tre gages de la bonne volont√© et gr√Ęce de Dieu envers nous, et aussi pour nourrir et soutenir notre foi; lesquels il a ajout√©s √† la parole de l'√Čvangile, pour mieux repr√©senter √† nos sens ext√©rieurs, tant ce qu'il nous donne √† entendre par sa Parole, que ce qu'il fait int√©rieurement en nos cŇďurs, en ratifiant en nous le salut qu'il nous communique. Car ce sont signes et sceaux visibles de la chose int√©rieure et invisible, moyennant lesquels Dieu op√®re en nous par la vertu du Saint-Esprit. Les signes donc ne sont pas vains et vides pour nous tromper et d√©cevoir; car ils ont J√©sus-Christ pour leur v√©rit√©, sans lequel ils ne seraient rien. De plus, nous nous contentons du nombre des sacrements que Christ notre Ma√ģtre nous a ordonn√©s: lesquels ne sont que deux seulement, savoir le sacrement du bapt√™me et de la Sainte C√®ne de J√©sus-Christ.

34. Nous croyons et confessons que J√©sus-Christ, qui est la fin de la Loi, par son sang r√©pandu, a mis fin √† toute autre effusion de sang qu'on pourrait ou voudrait faire pour propitiation, ou satisfaction des p√©ch√©s, et ayant aboli la circoncision qui se faisait par sang, a ordonn√© au lieu d'elle le sacrement du bapt√™me par lequel nous sommes re√ßus en l'√Čglise de Dieu, et s√©par√©s de tous autres peuples et de toutes religions √©trang√®res, pour √™tre enti√®rement d√©di√©s √† lui, portant sa marque et son enseigne: et nous sert de t√©moignage qu'il nous sera Dieu √† jamais, nous √©tant P√®re propice. Il a donc command√© de baptiser tous ceux qui sont siens, au nom du P√®re et du Fils et du Saint-Esprit, avec eau pure: nous signifiant par cela que comme l'eau lave les ordures du corps quand elle est r√©pandue sur nous, laquelle aussi est vue sur le corps du baptis√©, et l'arrose; ainsi le sang de Christ par le Saint-Esprit, fait le m√™me int√©rieurement en l'√Ęme, l'arrosant et nettoyant de ses p√©ch√©s et nous r√©g√©n√©rant d'enfants de col√®re en enfants de Dieu: non pas que l'eau mat√©rielle fasse cela, mais c'est l'arrosement du pr√©cieux sang du. Fils de Dieu, lequel est notre Mer Rouge, par laquelle il nous faut passer pour sortir de la tyrannie de Pharaon, qui est le diable, et entrer en la terre spirituelle de Canaan. Ainsi les ministres nous donnent de leur part le Sacrement et ce qui est visible: mais notre Seigneur donne ce qui est signifi√© par le Sacrement, savoir les dons et gr√Ęces invisibles, lavant, purifiant, et nettoyant nos √Ęmes, de toutes ordures et iniquit√©s, renouvelant nos cŇďurs et les remplissant de toute consolation, nous donnant vraie assurance de sa bont√© paternelle, nous rev√™tant du nouvel homme et nous d√©pouillant du vieil homme avec tous ses faits. Pour cette cause, nous croyons que quiconque pr√©tend parvenir √† la vie √©ternelle doit √™tre une fois baptis√© d'un seul bapt√™me, sans jamais le r√©it√©rer: car aussi nous ne pouvons na√ģtre deux fois. Et toutefois ce bapt√™me ne profite pas seulement quand l'eau est sur nous, et que nous la recevons, mais profite tout le temps de notre vie. Sur ceci nous d√©testons l'erreur des anabaptistes, qui ne se contentent pas d'un seul bapt√™me une fois re√ßu, et en outre condamnent le bapt√™me des petits enfants des fid√®les, lesquels nous croyons devoir √™tre baptis√©s et scell√©s du signe de l'alliance; comme les petits enfants √©taient circoncis en Isra√ęl, sur les m√™mes promesses qui sont faites √† nos enfants. Et aussi √† la v√©rit√© Christ n'a pas moins r√©pandu son sang pour laver les petits enfants des fid√®les, qu'il a fait pour les grands; c'est pourquoi ils doivent recevoir le signe et le sacrement de ce que Christ a fait pour eux: comme en la loi le Seigneur commandait qu'on leur communiqu√Ęt le sacrement de la mort et passion de Christ, quand ils √©taient nouveau-n√©s, en offrant pour eux un agneau qui √©tait le sacrement de J√©sus-Christ. Et de plus ce que faisait la circoncision au peuple juda√Įque, le bapt√™me fait le m√™me envers nos enfants: c'est la cause pourquoi saint Paul appelle le bapt√™me la circoncision de Christ.

35. Nous croyons et confessons que notre Sauveur J√©sus-Christ a ordonn√© et institu√© le sacrement de la sainte C√®ne, pour nourrir et sustenter ceux qu'il a d√©j√† r√©g√©n√©r√©s et ent√©s en sa famille, qui est son √Čglise. Or ceux qui sont r√©g√©n√©r√©s ont en eux deux vies; l'une corporelle et temporelle, laquelle ils ont apport√©e d√®s leur premi√®re naissance, et est commune √† tous; l'autre est spirituelle et c√©leste, laquelle leur est donn√©s en la seconde naissance, qui se fait par la parole de l'√Čvangile, en la communion du corps de Christ, et cette vie n'est commune qu'aux √©lus de Dieu. Ainsi Dieu nous a donn√© pour l'entretien de la vie corporelle et terrestre un pain terrestre et mat√©riel, qui est propre √† cela, lequel pain est commun √† tous, comme aussi est la vie; mais pour entretenir la vie spirituelle et c√©leste gui se trouve dans les fid√®les, il leur a envoy√© un pain vivant qui est descendu du ciel, savoir J√©sus-Christ, lequel nourrit et entretient la vie spirituelle des fid√®les, √©tant mang√©, c'est-√†-dire appliqu√© et re√ßu par la foi en l'esprit. Pour nous figurer ce pain spirituel et c√©leste, Christ a ordonn√© un pain terrestre et visible qui est sacrement de son corps, et le vin pour sacrement de son sang, pour nous certifier qu'aussi v√©ritablement que nous prenons et tenons le sacrement en nos mains, et le mangeons et buvons en nos bouches, dont puis apr√®s notre vie est sustent√©e, aussi vraiment par la foi (qui est la main et la bouche de notre √Ęme) nous recevons le vrai corps et le vrai sang de Christ, notre seul Sauveur, en nos √Ęmes, pour notre vie spirituelle. Or c'est une chose assur√©e que J√©sus-Christ ne nous a pas recommand√© ses Sacrements pour n√©ant: partant il fait en nous tout ce qu'il nous repr√©sente par ces signes sacr√©s; encore que la mani√®re outrepasse notre entendement, et nous soit incompr√©hensible comme l'op√©ration de l'Esprit de Dieu est secr√®te et incompr√©hensible. Cependant nous ne nous trompons pas en disant que ce qui est mang√© est le propre et naturel corps de Christ, et son propre sang ce qui est bu; mais la mani√®re par laquelle nous le mangeons, n'est pas la bouche mais l'esprit par la foi. Ainsi J√©sus-Christ demeure toujours assis √† la droite de Dieu son P√®re dans les cieux, et ne laisse pas pour cela de se communiquer √† nous par la foi. Ce banquet est une table spirituelle en laquelle Christ se communique √† nous avec tous ses biens, et nous fait jouir en elle, tant de lui-m√™me que du m√©rite de sa mort et passion, nourrissant, fortifiant et consolant notre pauvre √Ęme d√©sol√©e, par le manger de sa chair, et la soulageant et recr√©ant par le breuvage de son sang. En outre, bien que les sacrements soient conjoints √† la chose signifi√©e, ils ne sont pas toutefois re√ßus de tous avec ces deux choses: le m√©chant prend bien le sacrement √† sa condamnation; mais il ne re√ßoit pas la v√©rit√© du sacrement; y comme Judas et Simon le magicien recevaient bien tous deux le sacrement, mais non pas Christ, qui y est signifi√©: ce qui est seulement communiqu√© aux fid√®les. Finalement nous recevons ce saint sacrement en l'assembl√©e du peuple de Dieu avec humilit√© et r√©v√©rence, en faisant entre nous une sainte m√©moire de la mort de Christ notre Sauveur avec actions de gr√Ęces, et y faisons confession de notre foi et religion chr√©tienne. C'est pourquoi nul ne se doit pr√©senter qu'il ne se soit bien √©prouv√© soi-m√™me, de peur qu'en mangeant de ce pain, et buvant de cette coupe, il ne mange et boive son jugement. Bref, nous sommes par l'usage de ce saint sacrement √©mus √† un ardent amour envers Dieu et nos prochains. En quoi nous rejetons toutes les brouilleries et inventions damnables que les hommes ont ajout√©es et m√™l√©es aux sacrements, comme profanations, et disons qu'on se doit contenter de l'ordre que Christ et ses Ap√ītres nous en ont enseign√©, et parler comme ils en ont parl√©.

36. Nous croyons que notre bon Dieu, √† cause de la d√©pravation du genre humain, a ordonn√© des rois, princes, et magistrats; voulant que le monde soit gouvern√© par lois et polices, afin que le d√©bordement des hommes soit r√©prim√©, et que tout se fasse avec bon ordre entre les hommes. Pour cette fin il a mis le glaive dans les mains du Magistrat pour punir les m√©chants, et maintenir les gens de bien: et non seulement leur office est de prendre garde et veiller sur la police, mais aussi de maintenir le sacr√© minist√®re, pour √īter et ruiner toute idol√Ętrie et faux service de Dieu; pour d√©truire le royaume de l'ant√©christ et avancer le royaume de J√©sus-Christ, faire pr√™cher la Parole de l'√Čvangile partout, afin que Dieu soit honor√© et servi de chacun, comme il le requiert par sa Parole. De plus chacun, de quelque qualit√©, condition, ou √©tat, qu'il soit, doit √™tre soumis aux magistrats, et payer les tributs; les avoir en honneur et r√©v√©rence, et leur ob√©ir en toutes choses qui ne sont point contraires √† la Parole de Dieu; priant pour eux en leurs oraisons, afin que le Seigneur les veuille diriger en toutes leurs voies, et que nous menions une vie paisible et tranquille en toute pi√©t√© et honn√™tet√©. Et sur ceci nous d√©testons l'erreur des anabaptistes et autres mutins, et en g√©n√©ral de tous ceux qui veulent rejeter les autorit√©s et magistrats, et renverser la justice, √©tablissant communaut√©s de biens, et confondant l'honn√™tet√© que Dieu a mise entre les hommes.

37. Finalement nous croyons selon la Parole de Dieu, que quand le temps ordonn√© du Seigneur sera venu (lequel est inconnu a toutes cr√©atures) et le nombre des √©lus sera accompli, notre Seigneur J√©sus-Christ viendra du ciel corporellement et visiblement, comme il y est mont√©, avec grande gloire et majest√©, pour se d√©clarer √™tre le juge des vivants et des morts, mettant en feu et en flamme ce vieux monde pour le purifier; et alors compara√ģtront personnellement devant ce grand juge toutes cr√©atures humaines, tant hommes que femmes et enfants, qui auront √©t√© depuis le commencement du monde jusqu'√† la fin, y √©tant cit√©es par la voix d'archange et par le son de la trompette divine; car tous ceux qui auront auparavant √©t√© morts ressusciteront de la terre, l'esprit √©tant joint et uni avec son propre corps dans lequel il a v√©cu. Et quant √† ceux qui vivront alors, ils ne mourront point comme les autres, mais seront chang√©s, en un clin d'Ňďil, de corruption en incorruption. Alors les livres seront ouverts (c'est-√†-dire les consciences) et les morts seront jug√©s selon les choses qu'ils auront faites en ce monde, soit bien, soit mal; m√™me les hommes rendront compte de toutes paroles oiseuses qu'ils auront prononc√©es, lesquelles le monde n'estime que jeux et passetemps: et lors les actions et pens√©es secr√®tes et les hypocrisies des hommes seront d√©couvertes publiquement devant tous. C'est pourquoi, √† bon droit, le souvenir de ce jugement est horrible et √©pouvantable aux iniques et m√©chants, et fort d√©sirable et de grande consolation aux bons et √©lus; puisque alors sera accomplie leur r√©demption totale, et qu'ils recevront l√† les fruits des labeurs et travaux qu'ils auront soutenus: leur innocence sera ouvertement connue de tous, et ils verront la vengeance horrible que Dieu fera des m√©chants qui les auront tyrannis√©s, afflig√©s et tourment√©s en ce monde, lesquels seront convaincus par le propre t√©moignage de leurs consciences et seront rendus immortels, de telle fa√ßon que ce sera pour √™tre tourment√©s au feu √©ternel, qui est pr√©par√© au diable et √† ses anges. Et au contraire les fid√®les et √©lus seront couronn√©s de gloire et d'honneur; le Fils de Dieu confessera leur nom devant Dieu son P√®re et ses saints anges √©lus; toutes larmes seront essuy√©es de leurs yeux; leur cause √† pr√©sent condamn√©e par plusieurs juges et magistrats comme h√©r√©tique et m√©chante sera connue √™tre la cause du Fils de Dieu; et pour r√©compense gratuite le Seigneur leur fera poss√©der une gloire telle que jamais cŇďur d'homme ne pourrait penser. C'est pourquoi nous attendons ce grand Jour avec d√©sir, pour jouir √† plein des promesses de Dieu en J√©sus-Christ notre Seigneur.