Le Catéchisme de Heidelberg 1563

Source : Le Catéchisme de Heidelberg. 1733.
Texte copié de l'original par CFC Réforme.


CAT√ČCHISME DE HEIDELBERG,

Par Demandes et par Réponses.


SECTION 1.

1. D. Quelle est votre unique consolation, tant dans la vie, que dans la mort?
R. C'est que tant de corps que d'√Ęme, soit dans la vie, soit dans la mort, j'appartiens, non pas √† moi-m√™me, mais √† J√©sus-Christ, mon fid√®le Sauveur qui a satisfait parfaitement pour tous mes p√©ch√©s par son sang pr√©cieux, qui m'a d√©livr√© de toute la puissance du Diable: Et qui me garde tellement, qu'il ne peut pas tomber seulement un cheveu de ma t√™te, sans la volont√© de mon P√®re c√©leste, et que m√™me toutes choses doivent servir √† mon Salut: A cause de quoi aussi il m'assure de la vie √©ternelle par son Saint Esprit, et me forme √† vivre d√©sormais √† lui de coeur et d'affection.

2. D. Combien de choses devez-vous savoir, afin de vivre et de mourir heureusement avec cette consolation?
R. Trois: Premièrement, combien sont grands mes péchés et ma misère; Et en second lieu, par quel moyen j'en puis être délivré: Et enfin quelle reconnaissance je dois à Dieu pour cette délivrance.


SECTION 2.

3. D. Par quel moyen connaissez-vous votre misère?
R. Par la Loi de Dieu.

4. Qu'est-ce donc que la Loi de Dieu demande de nous?
R. J√©sus-Christ nous l'apprend dans le Sommaire qu'il nous en donne au 22√®me de St. Matthieu v. 38.40, disant: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton √Ęme, de toute ta pens√©e, et de toutes tes forces, c'est l√† le premier et le plus grand commandement: Et le second, qui lui est semblable, est: Tu aimeras ton prochain comme toi-m√™me: De ces deux commandements d√©pendent toute la Loi et les Proph√®tes.

5. D. Pouvez-vous observer parfaitement toutes ces choses?
R. Non: car je suis naturellement enclin √† ha√Įr Dieu et mon prochain.

Première partie: DE LA MISERE DE L'HOMME

SECTION 3.

6. D. Dieu a-t-il donc créé l'homme si méchant et si pervers?
R. Point du tout, au contraire, il l'a cr√©√© bon et √† son image, c'est-√†-dire, v√©ritablement juste et saint; afin qu'il e√Ľt une droite connaissance de Dieu, son Cr√©ateur, qu'il l'aim√Ęt de tout son coeur, et qu'il v√©cut avec lui dans un bonheur √©ternel, et cela pour le louer et le glorifier.

7. D. D'o√Ļ vient donc cette corruption naturelle de l'homme?
R. Elle vient de la chute et de la d√©sob√©issance de nos premiers parents Adam et √ąve, arriv√©e dans le Paradis terrestre: Par o√Ļ notre nature a √©t√© tellement infect√©e, que nous sommes tous con√ßus et naissons tous dans le p√©ch√©.

8. D. Mais sommes-nous tellement corrompus, que nous soyons absolument incapables de faire aucun bien, et enclins à tout mal?
R. Oui, à moins que nous ne soyons régénérés par l'Esprit de Dieu.


SECTION 4.

9. D. Dieu ne fait-il donc point de tort à l'homme, de lui demander dans sa Loi des choses qu'il ne peut pas faire?
R. Non: Car Dieu avait créé l'homme en tel état, qu'il pouvait le faire; mais ça a été l'homme, qui, par l'instigation du Diable, et par sa désobéissance volontaire, s'est privé avec toute sa postérité de ces dons, qu'il avait reçus de Dieu.

10. D. Dieu veut-il laisser impunie cette désobéissance et cette révolte?
R. Nullement; au contraire, il a de l'indignation et de l'horreur pour nos péchés, tant ceux dans lesquels nous sommes nés, que ceux que nous commettons chaque jour. Et par un effet de son juste jugement, il veut les punir de peines temporelles et éternelles, comme il l'a déclaré lui-même, disant: Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses, qui sont écrites au livre de la Loi pour les faire.

11. D. Mais Dieu n'est-il pas miséricordieux?
R. Oui sans doute, Dieu est mis√©ricordieux; mais il est aussi juste; c'est pourquoi sa justice demande, que le p√©ch√©, qui a √©t√© commis contre sa Majest√© infinie, soit aussi puni d'une peine infinie, c'est-√†-dire, de supplices √©ternels, que l'homme doit souffrir en son corps et en son √Ęme.

Deuxième partie: DE LA DELIVRANCE DE L'HOMME
SECTION 5.

12. D. Donc puisque, selon le juste Jugement de Dieu, nous avons m√©rit√© des peines temporelles et √©ternelles, y a-t-il quelque moyen, par lequel nous puissions les √©viter, et rentrer en gr√Ęce avec Dieu?
R. Dieu veut, qu'on satisfasse à sa justice: Ainsi il faut nécessairement lui donner une pleine satisfaction, soit par nous-mêmes, soit par un autre.

13. D. Mais pouvons-nous satisfaire par nous-mêmes?
R. Point du tout; au contraire nous nous rendons tous les jours plus coupables.

14. D. Peut-il se trouver quelque part une simple Créature, qui soit capable de satisfaire pour nous?
R. Aucune: Car premièrement Dieu ne veut punir aucune autre Créature pour le péché, dont l'homme est coupable: Et d'ailleurs une simple Créature ne peut pas soutenir le poids de la colère de Dieu contre le péché, ni en délivrer les autres.

15. D. Quel est donc le Médiateur et le Libérateur qu'il faut chercher?
R. Il nous en faut un, qui soit véritablement homme; parfaitement juste, et qui néanmoins soit plus puissant que toutes les Créatures, c'est-à-dire, qui soit aussi véritablement Dieu.


SECTION 6.

16. D. Pourquoi faut-il, qu'il soit véritablement homme et parfaitement juste?
R. Parce que la justice de Dieu demande, que la même nature humaine, qui a péché, satisfasse aussi pour le péché. Et parce qu'un homme, qui serait lui-même pécheur, ne pourrait pas satisfaire pour les autres.

17. D. Et pourquoi faut-il qu'il soit aussi vrai Dieu?
R. Afin que par la force de sa Divinité il puisse soutenir le poids de la colère de Dieu en sa nature humaine, et par là nous acquérir et nous rendre la justice et la vie, que nous avions perdues.

18. D. Qui est donc ce Médiateur qui est tout ensemble vrai Dieu, vrai homme et parfaitement juste?
R. C'est notre Seigneur Jésus-Christ; qui nous a été donné pour notre parfaite Rédemption, et pour être notre justice.

19. D. D'o√Ļ savez-vous cela?
R. Du St. √Čvangile, que Dieu lui-m√™me a premi√®rement r√©v√©l√© dans le Paradis terrestre; et l'a ensuite fait annoncer par les Patriarches et par les Proph√®tes; puis il l'a repr√©sent√© par les Sacrifices et par les autres C√©r√©monies de la Loi; et enfin il l'a accompli par son fils unique.


SECTION 7.

20. D. Tous ceux donc, qui étaient péris en Adam, sont-ils sauvés par Jésus-Christ?
R. Non; mais ceux-là seulement, qui par une véritable foi sont étroitement unis à Jésus-Christ, et embrassent tous ses bienfaits.

21. D. Qu'est-ce qu'une véritable foi?
R. La v√©ritable foi est non seulement une connaissance certaine, et une pleine persuasion de la v√©rit√© de tout ce que Dieu nous a r√©v√©l√© dans sa parole; mais aussi une ferme confiance que le St. Esprit produit dans mon coeur par l'√Čvangile; que Dieu accorde non seulement aux autres mais aussi √† moi, le pardon des p√©ch√©s, la justice et la vie √©ternelle, et cela de pure gr√Ęce, par un effet de sa mis√©ricorde; et seulement en consid√©ration du m√©rite de J√©sus-Christ.

22. D. Qu'est-ce donc, qu'un vrai Chrétien doit nécessairement croire?
R. Tout ce qui nous est promis dans l'√Čvangile; dont nous avons un abr√©g√© dans le Symbole des Ap√ītres, qui contient en peu de mots les Articles de la Foi universelle et constante de tous les Chr√©tiens.

23. D. Quel est-ce Symbole?
R. I. Je crois 1. en Dieu le Père Tout-Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre.
II. Je crois 2. en J√©sus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur. 3. Qui a √©t√© con√ßu du St. Esprit, est n√© de la Vierge Marie. 4. A souffert sous Ponce Pilate, a √©t√© crucifi√©, mort, et enseveli, est descendu aux Enfers. 5. Est ressuscit√© des morts le troisi√®me jour. 6. Est mont√© au Ciel, est assis √† la droite de Dieu le P√®re tout-puissant: D'o√Ļ il viendra pour juger les vivants et les morts.
III. Je crois 8. au St. Esprit. 9. Je crois la Sainte √Čglise universelle, la Communion des Saints. 10. Le pardon des p√©ch√©s. 11. La r√©surrection de la chair. 12. Et la vie √©ternelle. Amen.


SECTION 8.

24. D. En combien de parties divise-t-on ce Symbole?
R. En trois parties. La première traite de Dieu le Père et de notre Création: La seconde de Dieu le Fils, et de notre Rédemption: La troisième de Dieu le St. Esprit, et de notre Sanctification.

25. D. Puisqu'il n'y a qu'une seule Essence Divine, pourquoi nommez-vous trois Personnes, le Père, le Fils, et le St. Esprit?
R. Parce que de la mani√®re que Dieu s'est r√©v√©l√© dans sa parole, ces trois personnes distinctes sont le seul Dieu v√©ritable et √Čternel.

DE DIEU LE PERE

SECTION 9.

26. D. Que croyez-vous, quand vous dites: Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du Ciel et de la Terre?
R. Je crois que le P√®re √©ternel de notre Seigneur J√©sus-Christ, qui a cr√©√© de rien le Ciel et la Terre, avec tout ce qui y est, et qui les soutient et les gouverne encore, par son conseil √©ternel, et par sa providence; est aussi mon Dieu et mon P√®re pour l'amour de J√©sus-Christ: Et je me repose sur lui avec tant de confiance, que je ne doute pas, qu'il ne me pourvoie de tout ce qui m'est n√©cessaire pour le corps et pour l'√Ęme, et que m√™me il ne fasse r√©ussir √† mon Salut les maux qui m'arrivent par sa permission, dans cette vall√©e de mis√®res; Car il peut le faire comme un Dieu tout-puissant, et il le veut aussi comme un P√®re plein de Bont√©.


SECTION 10.

27. D. Qu'est-ce que la Providence de Dieu?
R. C'est la Vertu de Dieu toute-puissance, et présente en tout lieu, par laquelle il soutient encore et conduit, comme par la main, le Ciel et la Terre, et généralement toutes les Créatures; de sorte que les herbes et les plantes, la pluie, et la sécheresse, la fertilité et la stérilité, la santé et les maladies, les richesses et la pauvreté; en un mot, tout ce qui arrive dans le monde, ne se fait point au hasard, mais nous est dispensé par sa main paternelle.

28. D. A quoi nous sert cette connaissance de la Création et de la Providence de Dieu?
R. Elle nous apprend à être patients dans l'adversité, et reconnaissants dans la prospérité, et à mettre pour l'avenir notre confiance en la bonté de Dieu notre Père, persuadés, qu'aucune Créature ne nous séparera de son amour, puisqu'il les tient toutes tellement en sa main, qu'elles ne peuvent pas même se mouvoir, ni se remuer sans sa volonté.

DE DIEU LE FILS
SECTION 11.

29. D. Pourquoi le Fils de Dieu est-il appelé Jésus, c'est-à-dire, Sauveur?
R. Parce qu'il nous sauve de tous nos péchés; et qu'on ne doit chercher, et qu'on ne peut trouver de Salut, en aucun autre.

30. D. Ceux donc qui cherchent leur Salut et leur félicité dans les Saints, en eux-mêmes ou ailleurs, croient-ils en ce seul Sauveur Jésus-Christ?
R. Non: Car quoi qu'ils se vantent de l'avoir pour Sauveur, cependant ils le renient en effet, ne le reconnaissant point pour le seul Sauveur: Car il faut, ou que Jésus-Christ ne soit point un parfait Sauveur, ou que ceux qui l'embrassent comme tel, par une véritable foi, trouvent en lui tout ce qui est nécessaire pour leur Salut.


SECTION 12.

31. D. Pourquoi est-il appelé Christ, c'est-à-dire, Oint?
R. Parce que Dieu le Père l'a établi, et l'a oint du Saint Esprit, pour être notre Souverain Prophète et Docteur, qui nous a pleinement manifesté le Conseil secret, et toute la volonté du Père, touchant notre rédemption. Et pour être notre Souverain Sacrificateur, qui par l'unique Sacrifice de son corps, nous a rachetés, et qui intercède encore continuellement pour nous auprès de Dieu son Père; Enfin, pour être notre Roi éternel, qui nous gouverne par sa Parole, et par son Esprit, et qui nous maintient et conserve le Salut qu'il nous a acquis.

32. Et vous, pourquoi vous appelez-vous Chrétien?
R. Parce que par la foi je suis membre de Jésus-Christ, et ainsi participant de son onction, pour confesser aussi son nom, pour m'offrir à lui en sacrifice vivant de reconnaissance, pour combattre pendant cette vie avec une libre et bonne conscience, contre le péché et le Diable, et pour régner enfin éternellement avec Jésus-Christ sur toutes les Créatures.


SECTION 13.

33. D. Pourquoi Jésus-Christ est-il appelé le Fils unique de Dieu, puisque nous sommes aussi enfants de Dieu?
R. C'est, parce qu'il n'y a que J√©sus-Christ, qui soit Fils de Dieu par sa nature et √©ternel; au lieu que nous ne sommes enfants de Dieu, qu'√† cause de lui, par gr√Ęce et par adoption.

34. D. Pourquoi l'appelez-vous notre Seigneur?
R. Parce qu'il a rachet√© nos corps et nos √Ęmes, et nous a d√©livr√©s du p√©ch√©, et de tout le pouvoir du Diable, non point par or, ou par argent, mais par son sang pr√©cieux; et qu'ainsi il nous a acquis pour lui appartenir en propre.

SECTION 14.

35. D. Que Croyez-vous, quand vous dites: Il a été conçu du Saint Esprit, et il est né de la Vierge Marie?
R. Que le propre Fils de Dieu, qui est vrai Dieu √©ternel, et qui demeure tel, a pris une vraie nature humaine, de la chair et du sang de la Vierge Marie, par l'op√©ration du Saint Esprit, afin qu'il f√Ľt la vraie post√©rit√© de David; et semblable √† ses fr√®res, en toutes choses, except√© le p√©ch√©.

36. D. Quel avantage retirons-nous de la sainte conception, et de la sainte naissance de Jésus-Christ?
R. Qu'il est notre Médiateur; et que par son innocence et sa parfaite Sainteté, il couvre mes péchés, dans lesquels j'ai été conçu, afin qu'ils ne paraissent point devant Dieu.


SECTION 15.

37. D. Que croyez-vous, quand vous dites: Il a souffert?
R. Que pendant tout le temps, qu'il a v√©cu sur la terre; mais particuli√®rement sur la fin de sa vie, il a port√© en son corps, et en son √Ęme, le poids de la col√®re de Dieu contre les p√©ch√©s de tout le genre humain; afin que par ses souffrances, comme par l'unique sacrifice expiatoire, capable d'apaiser la col√®re de Dieu, il d√©livr√Ęt nos corps et nos √Ęmes de la damnation √©ternelle; et nous acquit la gr√Ęce de Dieu, la justice, et la vie √©ternelle.

38. D. Pourquoi a-t-il souffert sous le Juge Ponce Pilate?
R. Afin que lui, qui était innocent, étant condamné par un juge civil; nous affranchit du sévère jugement de Dieu, que nous ne pouvions point éviter sans cela.

39. D. Mais y-t-il quelque chose de plus, en ce qu'il a √©t√© crucifi√©, que s'il e√Ľt souffert un autre genre de mort?
R. Oui sans doute: Car par là je suis assuré, qu'il s'est chargé de la malédiction, à laquelle j'étais assujettis; car la mort de la croix était maudite de Dieu.


SECTION 16.

40. D. Pourquoi a-t-il fallu, que J√©sus-Christ s'abaiss√Ęt jusqu'√† la mort?
R. Parce qu'à cause de la justice et de la vérité de Dieu, il ne pouvait se faire de satisfaction pour nos péchés, que par la mort du Fils de Dieu.

41. D. Pourquoi a-t-il été enseveli?
R. Pour faire voir par là, qu'il était véritablement mort.

42. D. Mais puisque J√©sus-Christ est mort pour nous, d'o√Ļ vient, que nous sommes encore sujets √† la mort?
R. Notre mort n'est pas une satisfaction pour nos péchés; mais un moyen pour détruire en nous le péché, et un passage à la vie éternelle.

43. D. Quel avantage retirons-nous encore du sacrifice de Jésus-Christ, et de sa mort sur la croix?
R. Que par sa vertu, notre vieil homme est crucifié avec lui, qu'il meurt, et qu'il est enseveli avec lui; afin que les mauvaises convoitises de la chair ne dominent plus en nous, mais que nous nous offrions à Dieu en sacrifice de reconnaissance.

44. D. Pourquoi est-il ajouté: Il est descendu aux Enfers?
R. Afin que dans mes tentations les plus rudes, je me soutienne par cette consolation, que mon Seigneur J√©sus-Christ, par les angoisses, les tourments, et les frayeurs inexprimables, dans lesquelles son mon √Ęme fut plong√©e, surtout, lorsqu'il √©tait sur la croix, m'a d√©livr√© des angoisses, et des tourments de l'Enfer.

SECTION 17.

45.D. Quel avantage retirons-nous de la Résurrection de Jésus-Christ?
R. Premi√®rement, par sa R√©surrection il a vaincu la mort, afin qu'il p√Ľt nous faire participants de la justice qu'il nous avait acquise par sa mort. De plus, par sa vertu nous ressuscitons d√®s maintenant, pour mener une vie nouvelle. Enfin, la R√©surrection de J√©sus-Christ nous est un gage assur√© de notre glorieuse R√©surrection.


SECTION 18.

46.D. Qu'entendez-vous par ces mots: Il est monté au Ciel?
R. Que Jésus-Christ a été enlevé de la Terre au Ciel, à la vue de ses Disciples; qu'il y est pour notre bien; et qu'il y sera jusqu'à ce qu'il en revienne pour juger les vivants et les morts.

47. D. Jésus-Christ n'est-il donc pas avec nous jusqu'à la fin du monde, comme il nous l'a promis?
R. J√©sus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, et ainsi selon sa nature humaine, il n'est plus sur la terre; mais selon sa nature Divine, sa Majest√©, sa Gr√Ęce, et son Esprit, il ne s'√©loigne jamais de nous.

48. D. Mais ne sépare-t-on pas les deux natures en Jésus-Christ, en disant, que sa nature humaine n'est pas présente en tout lieu, comme l'est sa nature Divine?
R. Point du tout: Car puisque sa Divinité est infinie et présente en tout lieu, il s'ensuit nécessairement, que, quoi qu'elle soit hors de la nature humaine, qu'elle a prise à soi; elle ne laisse pas d'être aussi en elle, et de demeurer unie personnellement avec elle.

49. D. Quel fruit retirons-nous de l'Ascension de Jésus-Christ?
R. Premi√®rement, qu'il interc√®de pour nous au Ciel aupr√®s de son P√®re. En second lieu, qu'en sa Personne nous avons notre chair au Ciel, comme un gage assur√©, que lui, qui est notre Chef, nous √©l√®vera √† soi, nous qui sommes ses membres; Et enfin, qu'il nous envoie son Esprit pour un gage r√©ciproque de son amour, par la Vertu duquel nous cherchons, non point ce qui est sur la Terre, mais ce qui est au Ciel, o√Ļ il est lui-m√™me, assis √† la droite de Dieu.


SECTION 19.

50. D. Pourquoi ajoute-t-on, Il est assis à la droite de Dieu le Père Tout-puissant?
R. Pour marquer, que J√©sus-Christ est mont√© au Ciel, afin que de l√†, il se fit conna√ģtre pour le Chef de son √Čglise Chr√©tienne, par lequel le P√®re gouverne toutes choses.

51. Quel avantage nous apporte cette gloire de notre Chef Jésus-Christ?
R. Premièrement, que par son Saint Esprit il répand ses dons célestes sur nous, qui sommes ses membres; Et ensuite, que par sa puissance il nous garde, et nous défend contre tous nos ennemis.

52. D. Quelle consolation vous apporte le retour de Jésus-Christ pour juger les vivants et les morts?
R. Que dans toutes mes mis√®res et mes pers√©cutions, j'attends du Ciel, √† t√™te lev√©e, pour Juge, celui-l√† m√™me, qui s'est auparavant pr√©sent√© pour moi au Jugement de Dieu, et qui a enlev√© de dessus moi toute mal√©diction: Et qui doit pr√©cipiter tous ses ennemis et les miens, dans les peines √©ternelles, mais qui doit me recevoir avec tous les √Člus dans les joies du Ciel, et dans la gloire √©ternelle.

DE DIEU LE SAINT-ESPRIT

SECTION 20.

53. D. Que croyez-vous du Saint Esprit?
R. Premièrement, qu'il est le Dieu éternel, conjointement avec le Père, et le Fils: Secondement, qu'il m'est aussi donné, afin que par une vraie foi, il me fasse avoir part à Jésus-Christ, et à tous ses bienfaits, qu'il me console et qu'il demeure éternellement avec moi.

54. D. Que croyez-vous de la Sainte √Čglise Chr√©tienne universelle?
R. Je crois, que le Fils de Dieu s'√©tant choisi de tout le Genre humain une √Čglise, qu'il destine √† la vie √©ternelle, il l'assemble d√®s le commencement du monde jusqu'√† la fin, il la d√©fend et il l'entretient par son Esprit et par sa Parole, dans l'unit√© de la v√©ritable foi; et que j'en suis un membre vivant, et le serai √©ternellement.

55. D. Qu'entendez-vous par la Communion des Saints?
R. Premièrement, que tous les fidèles en général et chacun d'eux en particulier, en qualité de membres de Jésus-Christ, ont communion avec lui, et ont part à toutes ses richesses et à ses dons: Secondement, que chaque fidèle doit savoir, qu'il est obligé d'employer de bon coeur, et avec joie, les dons qu'il a reçus, à l'utilité, et au Salut des autres membres.

56. D. Que croyez-vous du pardon des péchés?
R. Je crois, que Dieu, à cause de la satisfaction de Jésus-Christ, ne veut plus se souvenir de mes péchés, ni même de ma corruption naturelle, contre laquelle j'ai à combattre pendant toute ma vie, mais qu'il me donne gratuitement la justice de Jésus-Christ; afin que je ne vienne jamais en jugement devant Dieu.


SECTION 22.

57. D. Quelle consolation retirez-vous de l'Article de la Résurrection de la chair?
R. Que non seulement mon √Ęme, d√®s qu'elle sera s√©par√©e de mon corps, sera d'abord √©lev√©e √† J√©sus-Christ son Chef; mais que ma chair aussi √©tant ressuscit√©e par la puissance de J√©sus-Christ, sera joint √† mon √Ęme, et rendue conforme au corps glorieux de J√©sus-Christ.

58. D. Quelle consolation retirez-vous de l'Article de la vie éternelle?
R. Que comme d√®s √† pr√©sent je sens dans mon coeur un commencement de la joie √©ternelle; de m√™me apr√®s cette vie je poss√®derai cette parfaite f√©licit√©; que l'oeil n'a point vue, que l'oreille n'a point ou√Įe, et qui n'est point mont√©e au coeur de l'homme, et cela pour y louer Dieu √©ternellement.


SECTION 23.

59. D. Mais quel avantage vous revient-il de croire toutes ces choses?
R. C'est qu'en les croyant, je suis justifié devant Dieu en Jésus-Christ; et héritier de la vie éternelle.

60. D. Comment êtes-vous justifié devant Dieu?
R. C'est seulement par une v√©ritable foi en J√©sus-Christ: Tellement, qu'encore que ma conscience m'accuse, d'avoir gri√®vement p√©ch√© contre tous les commandements de Dieu, de n'en avoir accompli aucun, et d'√™tre encore continuellement enclin √† tout mal: cependant Dieu, sans aucun m√©rite de ma part, mais par un effet de sa pure gr√Ęce, me donne et m'impute la parfaite satisfaction de J√©sus-Christ, sa justice, et sa saintet√©; tout de m√™me, que si je n'avais jamais p√©ch√©, et qu'il n'y e√Ľt aucun d√©faut en moi, mais que j'eusse parfaitement rendu √† Dieu cette ob√©issance, que J√©sus-Christ lui a rendue pour moi; Pourvu que j'embrasse ses bienfaits par une v√©ritable foi.

61. D. Pourquoi dites-vous, que vous êtes justifié seulement par la foi?
R. Ce n'est pas, que je sois agréable à Dieu par la dignité de ma foi; Mais c'est parce que la seule satisfaction de Jésus-Christ, sa justice et sa sainteté me tiennent lieu de justice devant Dieu, et que je ne saurais les embrasser, et me les appliquer autrement, que par une vraie foi.


SECTION 24.

62. D. Pourquoi nos bonnes oeuvres ne peuvent-elles pas être justice devant Dieu, ou du moins en faire partie?
R. C'est, parce qu'il faut, que la justice, pour qu'elle puisse subsister devant le jugement de Dieu, soit entièrement parfaite et conforme en toutes ses parties à la Loi de Dieu: Au lieu, que même les meilleurs oeuvres, que nous faisons pendant cette vie, sont toutes imparfaites, et par là souillées de péchés.

63. D. Comment nos bonnes oeuvres ne méritent-elles rien puisque Dieu veut les récompenser, et dans cette vie et dans celle qui est à venir?
R. Cette r√©compense nous est donn√©e, non pour l'avoir m√©rit√©e, mais de pure gr√Ęce.

64. D. Mais cette doctrine ne jette-t-elle pas les hommes dans la sécurité et dans l'impiété?
R. Non: car il est impossible, que ceux, qui sont entés en Jésus-Christ par une vraie foi, ne s'appliquent aux bonnes oeuvres, pour lui marquer leur reconnaissance.

DES SAINTS SACREMENTS

SECTION 25.

65. D. Donc puisque c'est la foi seule, qui nous fait avoir part √† J√©sus-Christ, et √† tous ses bienfaits, dites-moi, d'o√Ļ nous vient cette foi?
R. Du Saint Esprit, qui la produit dans nos coeurs, par la pr√©dication du Saint √Čvangile: et qui l'affermit par l'usage des Saints Sacrements.

66. D. Qu'est-ce que les Sacrements?
R. Ce sont des signes et des sceaux visibles et sacr√©s; institu√©s de Dieu, afin que par leur usage il nous fasse mieux entendre, et nous scelle la promesse de l'√Čvangile, savoir, qu'en consid√©ration de l'unique sacrifice de J√©sus-Christ, une seule fois offert en la croix, il nous accorde gratuitement le pardon des p√©ch√©s, et la vie √©ternelle.

67. D. La pr√©dication de l'√Čvangile, et les Sacrements ont-ils donc √©t√© institu√©s, et destin√©s √† cette fin, de conduire notre foi au sacrifice de J√©sus-Christ, fait sur la croix, comme √† l'unique fondement de notre salut?
R. Oui, assur√©ment: Car le Saint Esprit nous apprend dans l'√Čvangile, et nous confirme par les Saints Sacrements, que tout notre salut est fond√© sur le seul sacrifice, que J√©sus-Christ a offert pour nous en la croix.

68. D. Combien de Sacrements Jésus-Christ a-t-il institués dans la nouvelle Alliance?
R. Deux, le Saint Baptême et la Sainte Cène.

69. D. Comment est-ce que le Baptême vous apprend et vous assure, que vous avez part à cet unique sacrifice de Jésus-Christ?
R. C'est que J√©sus-Christ a √©tabli le Bapt√™me ext√©rieur de l'eau, en y ajoutant cette promesse, que par la vertu de son Sang et de son Esprit, je suis lav√© des impuret√©s de mon √Ęme, c'est-√†-dire, de tous mes p√©ch√©s, aussi certainement, que je suis lav√© ext√©rieurement avec de l'eau, qui est propre √† nettoyer les ordures du corps.

DU SAINT BAPTEME

SECTION 26

70. D. Qu'est-ce qu'être lavé par le Sang et par l'Esprit de Jésus-Christ?
R. C'est recevoir gratuitement de Dieu la rémission des péchés, à cause du Sang, que Jésus-Christ a répandu pour nous, dans le sacrifice, qu'il a offert à Dieu sur la croix; C'est encore être renouvelé et sanctifié par le Saint Esprit, pour devenir membre de Jésus-Christ, afin de mourir de plus en plus au péché, et de vivre d'une manière sainte et irrépréhensible.

71. D. O√Ļ est-ce que J√©sus-Christ a promis, qu'il nous laverait par son Sang et par son Esprit, aussi certainement, que nous sommes lav√©s par l'eau du Bapt√™me?
R. Dans l'institution du Bapt√™me, dont voici les termes: Allez et enseignez toutes les Nations, les baptisant au Nom du P√®re, du Fils, et du Saint Esprit; celui, qui aura cru et sera baptis√©, sera sauv√©, mais celui, qui n'aura point cru, sera condamn√©. Cette promesse est r√©it√©r√©e dans les passages, o√Ļ l'√Čcriture Sainte appelle le Bapt√™me le lavement de la r√©g√©n√©ration et la purification des p√©ch√©s.


SECTION 27.

72. D. Le Baptême extérieur de l'eau, est-il donc proprement, ce qui nous lave de nos péchés?
R. Non: Car il n'y a que le Sang de Jésus-Christ et le Saint Esprit, qui nous purifie de tous nos péchés.

73. D. Pourquoi donc le Saint Esprit appelle-t-il la Baptême, le lavement de notre régénération, et la purification de nos péchés?
R. Ce n'est pas sans de bonnes raisons, que Dieu s'exprime ainsi; car il veut non seulement nous apprendre par là, que, comme les ordures du corps ne se nettoient qu'avec de l'eau, de même, nos péchés sont expiés par le Sang, et par l'Esprit de Jésus-Christ; mais c'est surtout pour nous assurer par ce signe et ce gage sacré, que nous sommes aussi bien lavés spirituellement de nos péchés; que nous le sommes extérieurement par l'usage de l'eau.

74. D. Faut-il aussi baptiser les petits enfants?
R. Oui assur√©ment: Car puisqu'ils appartiennent, aussi bien que les hommes faits, √† l'alliance de Dieu et √† son √Čglise; puis aussi que la r√©mission des p√©ch√©s par le Sang de J√©sus-Christ, et le Saint Esprit, qui produit la foi, ne leur sont pas moins promis qu'aux hommes faits; ils doivent aussi √™tre incorpor√©s √† l'√Čglise Chr√©tienne, par le Bapt√™me, qui est le signe de l'alliance, et √™tre par l√† distingu√©s des Enfants des infid√®les: Comme cela se pratiquait sous l'ancienne alliance, par la Circoncision, au lieu de laquelle le Bapt√™me a √©t√© √©tabli sous le Nouveau Testament.

DE LA SAINTE CENE DE JESUS-CHRIST

SECTION 28.

75. D. Comment est-ce que la Sainte Cène vous enseigne, et vous assure, que vous avez part à l'unique Sacrifice, que Jésus-Christ a offert sur la croix, et à tous ses biens?
R. En ce que J√©sus-Christ m'a command√©, aussi bien qu'√† tous les fid√®les, de manger de ce pain rompu, et de boire de cette coupe, en m√©moire de lui, en y ajoutant cette promesse, premi√®rement, que son corps a √©t√© offert et rompu sur la Croix pour moi, et son Sang r√©pandu pour mes p√©ch√©s, aussi certainement, que je vois de mes yeux, que le pain du Seigneur y est rompu pour moi, et que la coupe m'y est communiqu√©e: Secondement, qu'il veut nourrir mon √Ęme en vie √©ternelle, de son Corps crucifi√© et de son Sang r√©pandu pour nous; aussi certainement, que je re√ßois de la main du Ministre, et que je mange et bois le pain et le vin que me sont donn√©s, pour √™tre des signes certains du Corps et du Sang de J√©sus-Christ.

76. D. Qu'est-ce que manger le Corps crucifié de Jésus-Christ, et boire son Sang répandu?
R. C'est non seulement embrasser avec une foi vive, toute la passion et la mort de J√©sus-Christ, et par l√† obtenir le pardon de nos p√©ch√©s et la vie √©ternelle; Mais c'est aussi √™tre de plus en plus tellement unis au Corps sacr√© de J√©sus-Christ par le Saint Esprit qui habite en lui et en nous; qu'encore qu'il soit dans le Ciel et nous sur la Terre, nous ne laissons pas n√©anmoins d'√™tre chair de sa chair, et os de ses os, et d'√™tre anim√©s et conduits par ce seul et m√™me Esprit, comme tous les membres d'un corps le sont par une seule et m√™me √Ęme.

77. D. O√Ļ est-ce que J√©sus-Christ a promis de donner √† ceux, qui croient en lui, son Corps √† manger, et son Sang √† boire, aussi certainement, qu'ils mangent de ce pain rompu, et qu'ils boivent de cette coupe?
R. Dans l'institution de la C√®ne, dont voici les paroles: Notre Seigneur J√©sus-Christ, la nuit, qu'il fut livr√©, prit du pain, et apr√®s avoir rendu gr√Ęces, il le rompit, et dit: Prenez, mangez, ceci est mon Corps, qui est rompu pour vous, faites ceci en m√©moire de moi: De m√™me apr√®s avoir soup√©, il prit la coupe, et dit: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon Sang: toutes les fois que vous en boirez, faites ceci en m√©moire de moi: Ainsi toutes les fois, que vous mangerez de ce pain, et que vous boirez de cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusques √† ce qu'il vienne. Cette promesse est aussi rapport√©e par Saint Paul, quand il dit: La coupe de B√©n√©diction, que nous b√©nissons, n'est-elle pas la communion du Sang de J√©sus-Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion du Corps de J√©sus-Christ? Car bien que nous soyons plusieurs, nous ne sommes qu'un seul pain et un seul corps, puisque nous participons tous √† un m√™me pain.


SECTION 29.

78. D. Le pain et le vin sont-il donc réellement changés au corps et au sang de Jésus-Christ?
R. Non, mais comme dans le Baptême l'eau n'est pas changée au sang de Jésus-Christ, et qu'elle n'est pas le lavement même de nos péchés, n'en étant qu'un signe et un gage, établi de Dieu, de même aussi dans la Cène, le pain sacré n'est point changé au corps de Jésus-Christ, quoique suivant la nature et l'usage des Sacrements, il soit appelé le corps de Jésus-Christ.

79. D. Pourquoi donc Jésus-Christ appelle-t-il le pain son corps, et le vin son sang, ou la nouvelle alliance par son sang, et pourquoi Saint Paul appelle-t-il aussi le pain et le vin la communion du corps et du sang de Jésus-Christ?
R. Ce n'est pas sans de bonnes raisons, que J√©sus-Christ s'exprime de cette mani√®re, car il veut non seulement nous apprendre par l√†, que comme le pain et le vin entretiennent la vie de notre corps, de m√™me aussi son corps crucifi√© et son sang r√©pandu, sont v√©ritablement la viande et le breuvage qui nourrissent nos √Ęmes en vie √©ternelle: mais c'est surtout pour nous assurer par ces signes et ces gages visibles, que nous sommes faits participants de son corps et de son sang, par l'op√©ration du Saint Esprit, aussi v√©ritablement, que nous recevons par la bouche du corps, ces signes sacr√©s, en m√©moire de lui, et que sa passion et son ob√©issance nous appartiennent aussi certainement, que si nous avions souffert en nos propres personnes les peines de nos p√©ch√©s, et satisfait √† Dieu pour eux.


SECTION 30.

80. D. Quelle différence y a-t-il entre la Cène du Seigneur, et la Messe des Papistes?
R. La C√®ne du Seigneur nous assure, que nous obtenons enti√®rement le pardon de tous nos p√©ch√©s, en vertu de l'unique sacrifice de J√©sus-Christ, qu'il a lui-m√™me accompli une seule fois en la croix; et aussi que nous sommes unis par le Saint Esprit √† J√©sus-Christ, qui, selon sa nature humaine, n'est maintenant que dans le Ciel √† la droite de Dieu son P√®re, o√Ļ il veut que nous l'adorions. Mais en la Messe, on nie, que les vivants et les morts obtiennent le pardon de leurs p√©ch√©s, en vertu de la seule passion de J√©sus-Christ, √† moins qu'il ne soit encore tous les jours offert pour eux par les Pr√™tres: On y enseigne aussi, que J√©sus-Christ est corporellement sous les esp√®ces du pain et du vin, et que par cons√©quent il doit y √™tre ador√©. De sorte que la Messe dans le fond ne tend qu'√† nier l'unit√© du sacrifice et de la passion de J√©sus-Christ, et n'est qu'une maudite idol√Ętrie.

81. D. Qui sont ceux, qui doivent s'approcher de la table du Seigneur?
R. Ce sont uniquement ceux qui sont pénétrés d'un véritable déplaisir de leurs péchés; mais qui pourtant s'assurent , qu'ils leur sont pardonnés pour l'amour de Jésus-Christ, et que les infirmités, qui leur restent, sont couvertes du mérite de sa passion et de sa mort; et qui désirent de s'avancer de plus en plus dans la foi et dans la sainteté. Mais les impénitents et les hypocrites, et en général ceux, qui n'ont pas une véritable repentance, mangent et boivent leur condamnation.

82. D. Doit-on aussi admettre √† la Sainte C√®ne ceux, qui par leurs paroles et par leurs actions font conna√ģtre, qu'ils sont incr√©dules et impies?
R. Point du tout: car ce serait profaner l'alliance de Dieu, et attirer sa col√®re sur toute l'assembl√©e: C'est pourquoi l'√Čglise doit, suivant l'ordonnance de J√©sus-Christ et de ses Ap√ītres, se servir des Cl√©s du Royaume des Cieux, pour exclure de la Sainte C√®ne ceux, qui sont tels, jusqu'√† ce qu'ils se repentent, et qu'ils aient chang√© de vie.

83. D. Qu'est-ce que les Clés du Royaume des Cieux?
R. C'est la Pr√©dication de l'√Čvangile, et la discipline Eccl√©siastique; Par lesquelles on ouvre le Royaume des Cieux √† ceux qui croient, et on le ferme √† ceux qui ne croient point.

84. D. Comment est-ce qu'on ouvre ou ferme le Royaume des Cieux par la pr√©dication de l'√Čvangile?
R. En ce que, suivant le commandement de J√©sus-Christ, on d√©clare publiquement √† tous les fid√®les en g√©n√©ral, et √† chacun d'eux en particulier, que tous leurs p√©ch√©s leur sont pardonn√©s de Dieu, par le m√©rite de J√©sus-Christ, toutes les fois qu'ils embrassent par une v√©ritable foi les promesses de l'√Čvangile: et au contraire, on d√©clare aux incr√©dules et aux hypocrites, que la col√®re de Dieu et la condamnation √©ternelle repose sur eux, aussi longtemps qu'ils pers√©v√®rent dans leurs p√©ch√©s. Et c'est suivant ce t√©moignage de l'√Čvangile, que Dieu jugera les uns et les autres, dans cette vie et dans celle qui est √† venir.

85. D. Comment est-ce qu'on ferme et ouvre le Royaume des Cieux par la discipline Ecclésiastique?
R. C'est lorsqu'il y a des personnes, qui, sous le nom de Chr√©tiens, enseignent une doctrine, ou m√®nent une vie, qui n'est pas Chr√©tienne; Si apr√®s avoir √©t√© plusieurs fois avertis fraternellement, ils ne veulent pas renoncer √† leurs erreurs, ou √† leur vie scandaleuse, on les d√©f√®re, selon le commandement de J√©sus-Christ, √† l'√Čglise, ou √† ceux qu'elle a √©tablis pour cela, et s'ils m√©prisent leurs exhortations, on les exclut de la communion de l'√Čglise, en leur interdisant l'usage des Sacrements, et en leur d√©clarant, que Dieu lui-m√™me les exclut du Royaume de J√©sus-Christ. Que si apr√®s cela ils font para√ģtre par des effets un s√©rieux amendement, on les re√ßoit de nouveau comme membres de J√©sus-Christ et de son √Čglise.

Troisième partie: DE LA RECONNAISSANCE

SECTION 32.

86. D. Puisque nous sommes d√©livr√©s de notre mis√®re, sans aucun m√©rite de notre part, et de pure gr√Ęce, par J√©sus-Christ, pourquoi donc sommes-nous oblig√©s de faire des bonnes oeuvres?
R. C'est parce que Jésus-Christ, après nous avoir rachetés par son Sang, nous renouvelle aussi par son Saint Esprit à son image, afin que nous témoignions à Dieu notre reconnaissance pour ses bienfaits, par toute notre conduite, et qu'ainsi il soit glorifié par nous. En second lieu, c'est afin que nous soyons assurés de notre foi, par les fruits qu'elle produit. Enfin, c'est afin que par l'exemple de notre bonne vie, nos prochains soient gagnés à Jésus-Christ.

87. D. Ceux donc, qui, continuant dans leur impiété, et dans leur ingratitude, ne veulent point se convertir à Dieu, ne peuvent-ils pas être sauvés?
R. Point du tout: Car l'√Čcriture d√©clare, que ni les paillards, ni les idol√Ętres, ni les adult√®res, ni les eff√©min√©s, ni les abominables, ni les larrons, ni les avares, ni les ivrognes, ni les m√©disants, ni les ravisseurs, ni d'autres semblables, n'h√©riteront point le Royaume de Dieu.

88. D. En combien de parties consiste la véritable repentance et la conversion de l'homme?
R. En deux parties, qui sont de mortifier le vieil homme, et de vivifier le nouveau.

89. D. Qu'est-ce que mortifier le vieil homme?
R. C'est avoir un sensible d√©plaisir d'avoir offens√© Dieu par nos p√©ch√©s; et les ha√Įr, et les fuir de plus en plus.

90. D. Qu'est-ce que vivifier l'homme nouveau?
R. C'est ressentir une véritable joie en Dieu par Jésus-Christ, et s'appliquer sincèrement et de bon coeur, à régler toute sa conduite, selon la volonté de Dieu, en s'attachant à la pratique de toutes sortes de bonnes oeuvres.

91. D. Quelles sont les bonnes oeuvres?
R. Ce sont uniquement celles qui sont faites par une véritable foi, selon la Loi de Dieu; et qui ne se rapportent qu'à sa gloire: Et non pas celles que nous inventons, dans la pensée, qu'elles sont bonnes, ou qui ne sont fondées que sur l'institution des hommes.

DES DIX COMMANDEMENTS DE LA LOI DE DIEU

SECTION 34.

92. D. Quelle est la Loi de Dieu?
R. Lorsque Dieu donna sa Loi aux hommes, il prononça toutes ces paroles.
Je suis l'√Čternel ton Dieu, qui t'ai tir√© du pays d'√Čgypte, de la maison de servitude.
I. Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face.
II. Tu ne feras point d'image taill√©e, ni aucune ressemblance des choses qui sont l√†-haut aux cieux, ni ici-bas sur la terre, ni dans les eaux sous la terre: tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point, car je suis l'√Čternel ton Dieu, le Dieu fort et jaloux, qui punis l'iniquit√© des P√®res sur les Enfants, jusqu'√† la troisi√®me et quatri√®me g√©n√©ration de ceux qui me ha√Įssent, et qui fait mis√©ricorde en mille g√©n√©rations √† ceux qui m'aiment, et qui gardent mes commandements.
III. Tu ne prendras point le Nom de l'√Čternel ton Dieu en vain; Car l'√Čternel ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son Nom en vain.
IV. Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier: Tu travailleras six jours, et tu y feras toute ton oeuvre, mais le septi√®me jour est le repos de l'√Čternel ton Dieu, tu ne feras aucune oeuvre ce jour-l√†, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton b√©tail, ni l'√©tranger qui est dans tes portes; Car l'√Čternel a fait en six jours les cieux et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont, et il s'est repos√© le septi√®me jour; C'est pourquoi l'√Čternel a b√©ni le jour du repos, et l'a sanctifi√©.
V. Honore ton P√®re et ta M√®re, afin que tes jours soient prolong√©s sur la terre, que l'√Čternel ton Dieu te donne.
VI. Tu ne tueras point.
VII. Tu ne paillarderas point.
VIII. Tu ne déroberas point.
IX. Tu ne diras point de faux témoignages.
X. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain: Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bŇďuf, ni son √Ęne, ni aucune chose qui soit √† ton prochain.

93. D. Comment divise-t-on ces Commandements?
R. En deux Tables; dont la première nous enseigne en quatre commandements, comment nous devons nous conduire à l'égard de Dieu: Et la seconde nous enseigne en six commandements, ce que nous devons faire à l'égard de notre prochain.

94. D. Qu'est-ce que Dieu ordonne dans le premier commandement?
R. Qu'autant que j'ai √† coeur le salut de mon √Ęme, j'√©vite et je me garde soigneusement de toute sorte d'idol√Ętrie, magie, enchantement, superstition, et invocation des Saints, ou des autres cr√©atures: Et que j'apprenne √† conna√ģtre le seul vrai Dieu, que je mette ma confiance en lui seul, que je me soumette √† lui avec une profonde humilit√© et une enti√®re patience, que j'attende de lui seul toutes sortes de biens; et qu'enfin je l'aime, je le craigne, et je l'honore de tout mon coeur, en sorte que je renonce plut√īt √† toutes les cr√©atures, que de faire la moindre choses contre sa volont√©.

95. D. Qu'est-ce que l'idol√Ętrie?
R. C'est se faire, ou avoir, au lieu du seul Dieu, ou conjointement avec ce seul et vrai Dieu, qui s'est fait conna√ģtre √† nous dans sa parole, quelque autre chose, en quoi l'on mette sa confiance.


SECTION 35.

96. D. Qu'est-ce que Dieu demande dans le second commandement?
R. Que nous ne représentions Dieu par aucune image ou figure que ce soit, et que nous ne le servions d'aucune autre manière, que de celle qu'il nous a prescrit dans sa parole.

97. D. Ne faut-il donc faire absolument aucune image ou représentation?
R. On ne doit ni on ne peut représenter Dieu en aucune manière que ce soit. Et pour ce qui est des créatures, quoi qu'il soit permis de les représenter, cependant Dieu défend d'en faire des images, ou d'en avoir, soit pour les servir, ou les honorer elles-mêmes, soit pour prétendre d'honorer Dieu par elles.

98. D. Mais ne peut-on pas souffrir des images dans les temples pour servir de livres aux ignorants?
R. Point du tout: Car nous ne devons pas pr√©tendre √™tre plus sages que Dieu, qui ne veut pas instruire son √Čglise par des images muettes, mais par la pr√©dication vivante de sa parole.


SECTION 36.

99. D. Quel est le sens du troisième commandement?
R. Que nous ne déshonorions et ne profanions point le nom de Dieu, ni par des blasphèmes ou par des parjures, ni même par des jurements inutiles, et que nous ne nous rendions point coupables de ces crimes horribles, en nous taisant, ou en les dissimulant; En un mot, que nous n'employions jamais le sacré nom de Dieu qu'avec un profond respect, afin qu'il soit purement confessé et invoqué par nous, et qu'ainsi il soit glorifié par toutes nos paroles et nos actions.

100. D. Est-ce donc un si grand péché de déshonorer le nom de Dieu par des jurements, ou par des blasphèmes, que Dieu étend sa colère même sur ceux, qui ne s'y opposent pas, ou qui ne l'empêchent pas de tout leur pouvoir?
R. Oui, très assurément: car il n'y a point de plus grand péché, ou qui offense plus Dieu, que l'outrage qu'on fait à son saint Nom; c'est pourquoi aussi Dieu a voulu qu'on punit ce crime de mort.


SECTION 37.

101. D. Mais ne peut-on pas aussi jurer par le Nom de Dieu, sans pécher?
R. Oui, lorsque le Magistrat le commande, que quelque nécessité l'exige, pour confirmer la fidélité et la vérité, et cela pour la gloire de Dieu et le salut du prochain: Car cette manière de jurer est fondée en la parole de Dieu; C'est pourquoi nous voyons qu'elle a été pratiquée par les Saints, sous le Vieux et sous le Nouveau Testament.

102. D. Est-il permis de jurer par les Saints, ou par quelque autre Créature?
R. Non; Car le Serment l√©gitime est une invocation de Dieu, par laquelle on lui demande, que, comme c'est lui seul, qui conna√ģt les coeurs, il lui plaise de rendre t√©moignage √† la v√©rit√©, et de punir celui qui jure faussement; or c'est l√† un honneur qui n'appartient √† aucune cr√©ature.


SECTION 38.

103. D. Qu'est-ce que Dieu ordonne dans le quatrième commandement?
R. Premi√®rement, que le Minist√®re de l'√Čvangile soit constamment entretenu, de m√™me que les √Čcoles: que je fr√©quente diligemment les saintes assembl√©es, surtout le jour du repos, pour √©couter attentivement la parole de Dieu, participer aux Sacrements, joindre mes pri√®res aux pri√®res publiques, et contribuer √† l'assistance des pauvres, selon mon pouvoir. Ensuite que tous les jours de ma vie je me repose de mes mauvaises oeuvres, pour n'apporter aucun obstacle √† ce que le Seigneur fasse son Ňďuvre en moi par son Saint Esprit; Et qu'ainsi je commence d√®s cette vie le repos √©ternel.


SECTION 39.

104. D. Qu'est-ce que Dieu nous commande dans le cinquième commandement?
R. Que nous rendions à nos Pères et à nos Mères, et à tous nos Supérieurs, l'honneur, l'amour, et la fidélité que nous leur devons: que nous nous soumettions à leurs bonnes instructions et corrections, avec une obéissance convenable, et que nous supportions patiemment les défauts et les infirmités qu'ils peuvent avoir; considérant toujours, que Dieu veut se servir d'eux, pour nous conduire et pour nous gouverner.


SECTION 40.

105. D. Qu'est-ce que Dieu demande dans le sixième commandement?
R. Que je ne nuise √† mon prochain, ni par mes pens√©es, ni par mes paroles, ni par mes gestes, et moins encore par des actions, soit par moi-m√™me, soit par quelque autre; que je ne le ha√Įsse point, bien loin de le blesser, ou de le tuer, mais que je d√©pouille tout d√©sir de vengeance. Il me d√©fend aussi de me faire du mal √† moi-m√™me, ou de m'exposer sans n√©cessit√© √† quelque danger. C'est pourquoi aussi Dieu, afin de pr√©venir le meurtre, a mis l'√©p√©e en la main du Magistrat.

106. D. Mais il semble que ce commandement ne défend que de tuer?
R. Oui, mais Dieu, en défendant le meurtre, nous montre, qu'il a en haine tout ce qui en peut être la source, comme l'envie, la haine, la colère, et le désir de vengeance, et qu'il regarde tout cela comme un meurtre caché.

107. D. Mais est-ce assez de ne pas tuer notre prochain de la manière que nous venons de le dire?
R. Non; car Dieu, nous défendant l'envie, la haine, et la colère, nous commande d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, et d'user envers lui de toute sorte de patience, de paix, de douceur, de miséricorde, et de bienveillance; de détourner et d'empêcher, de tout notre pouvoir, le mal qu'on pourrait lui faire; et même de faire du bien à nos ennemis.


SECTION 41.

108. D. Quel est le sens du septième commandement?
R. Que Dieu d√©teste toute sorte d'impuret√©, et que par cons√©quent nous devons les ha√Įr et les avoir en horreur, et au contraire vivre sobrement, modestement, et chastement, soit dans le saint √©tat du Mariage, soit hors de cet √©tat.

109. D. Dieu ne défend-il dans ce commandement que l'adultère et semblables infamies?
R. Comme notre corps et notre √Ęme sont les temples du Saint Esprit, Dieu veut, que nous les conservions l'un et l'autre pur et saint: C'est pourquoi il nous d√©fend toute sorte d'impuret√©, soit dans nos actions, dans nos gestes, dans nos paroles, soit dans nos pens√©es; ou dans nos d√©sirs, et g√©n√©ralement tout ce qui peut nous y porter.


SECTION 42.

110. D. Qu'est-ce que Dieu défend dans le huitième commandement?
R. Il défend non seulement les larcins et les rapines que le Magistrat punit; mais sous le nom de larcin, il comprend tous les desseins, et tous les mauvais moyens, dont on se sert, pour s'emparer du bien d'autrui, soit à force ouverte, ou sous apparence de justice, comme font le faux poids, le faux aunage, la fausse mesure, la marchandise falsifiée, la fausse monnaie, l'usure, ou toute autre manière d'acquérir du bien, descendu de Dieu. Il défend encore par là toute avarice, et toute prodigalité, et en général tout mauvais usage des biens que nous avons reçus de lui.

111. D. Qu'est-ce que Dieu commande ici?
R. De procurer le bien de mon prochain de tout mon pouvoir; d'agir avec lui de la m√™me mani√®re que je voudrais qu'on f√ģt avec moi: et de travailler diligemment et fid√®lement, afin de pouvoir aussi assister les pauvres dans leur n√©cessit√©.


SECTION 43.

112. D. Qu'est-ce que Dieu défend dans le neuvième commandement?
R. Il défend le faux témoignage, la calomnie, la médisance, les injures, et les jugements téméraires; Il m'ordonne d'éviter avec soin tout mensonge et toute tromperie, comme tout autant d'oeuvres du Diable, à moins que je ne veuille m'attirer sa redoutable indignation: Il me commande encore, que, soit en jugement ou en toute autre occasion, j'aime constamment la vérité, que je la dise, et que je la confesse sincèrement, afin que je soutienne l'honneur et la réputation de mon prochain, et que je l'avance autant qu'il m'est possible.


SECTION 44.

113. D. Qu'est-ce que défend le dixième commandement?
R. Qu'il ne nous vienne jamais dans le coeur le moindre désir ou la moindre pensée contraire à aucun commandement de Dieu: mais que nous ayons toujours une véritable horreur pour toute sorte de péchés, et qu'au contraire nous prenions plaisir à tout ce qui est juste et bon.

114. D. Mais ceux, qui se sont convertis à Dieu, peuvent-ils parfaitement observer ces commandements?
R. Non: Car même les plus Saints, tant qu'ils sont en cette vie, n'ont que de petits commencements de cette obéissance, mais en sorte pourtant qu'ils commencent à vivre avec une sérieuse application, selon tous les commandements de Dieu, et non pas seulement selon quelques-uns.

115. D. Pourquoi donc Dieu veut-il qu'on prêche sa Loi si exactement, et si sévèrement, s'il n'y a personne qui puisse l'observer parfaitement dans cette vie?
R. C'est premi√®rement, afin que pendant toute notre vie, nous reconnaissions de plus en plus, combien nous sommes naturellement enclins √† faire le mal; et que cela nous porte √† rechercher avec tant plus d'ardeur le pardon de nos p√©ch√©s, et notre justice en J√©sus-Christ: C'est aussi afin que nous travaillions avec une attention continuelle, et que nous demandions sans cesse, √† Dieu la gr√Ęce de son Saint Esprit, pour √™tre de jour en jour et de plus en plus renouvel√©s √† son image, jusqu'√† ce qu'au sortir de cette vie, nous ayons le bonheur de parvenir √† la perfection, qui nous est propos√©e.

DE LA PRIERE

SECTION 45.

116. D. Pourquoi la Prière est-elle nécessaire aux Chrétiens?
R. Parce qu'elle fait la principale partie de la reconnaissance, que Dieu exige de nous: Et que d'autre c√īt√©, Dieu n'accorde sa gr√Ęce et son Saint Esprit, qu'√† ceux, qui les demandent par des soupirs sinc√®res et continuels, et qui lui en rendent gr√Ęces.

117. D. Quelles sont les choses n√©cessaires √† la pri√®re, afin qu'elle soit agr√©able √† Dieu, et qu'il veuille l’exaucer?
R. C'est premi√®rement, de nous adresser de bon coeur, au seul et vrai Dieu, qui s'est fait conna√ģtre √† nous par sa parole, pour lui demander toutes les choses qu'il veut que nous lui demandions. C'est encore de nous humilier profond√©ment devant sa Souveraine Majest√©, par un vif sentiment de nos besoins et de notre mis√®re. Enfin, d'√™tre tr√®s persuad√©s, que, nonobstant notre indignit√©, il nous exaucera certainement, pour l'amour de J√©sus-Christ, comme il nous l'a promis dans sa parole.

118. D. Qu'est-ce que Dieu veut que nous lui demandions?
R. Tout ce qui nous est n√©cessaire pour le corps et pour l'√Ęme, et que notre Seigneur J√©sus-Christ a renferm√© dans la pri√®re, qu'il nous a lui-m√™me enseign√©e.

119. D. Quelle est cette Prière?
R. Notre Père, qui es au Cieux, Ton Nom soit sanctifié: Ton règne vienne: Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel; Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien: Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés: Et ne nous induis pas en tentation, mais délivre nous du malin. Car c'est à toi, qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, dans tous les siècles, Amen.


SECTION 46.

120. D. Pourquoi Jésus-Christ nous commande-t-il d'appeler Dieu Notre Père?
R. C'est pour exciter en nous, dès le commencement même de notre prière, un respect convenable à des enfants, et une ferme confiance en Dieu, laquelle doit être le fondement de notre prière; persuadés, que Dieu est devenu notre Père par Jésus-Christ et qu'il nous refuse beaucoup moins ce que nous lui demandons avec une véritable foi, que nos Pères ne nous refusent les choses terriennes.

121. D. Pourquoi ajoute-t-on, Qui es aux Cieux?
R. Afin que nous ne pensions rien de bas ni de terrien de la Souveraine Majest√© de Dieu; et que nous attendions de sa Toute-Puissance, tout ce qui nous est n√©cessaire pour le corps et pour l'√Ęme.

122. D. Quelle est la première demande?
R. Ton Nom soit sanctifi√©: C'est-√†-dire, fais-nous la gr√Ęce premi√®rement de bien te conna√ģtre, de te louer, de publier et de c√©l√©brer ta toute-puissance, ta sagesse, ta bont√©, ta justice, ta mis√©ricorde, et ta v√©rit√©, qui brillent dans toutes tes oeuvres. Donne-nous aussi de r√©gler tellement nos pens√©es, nos paroles et nos actions, en un mot, toute notre conduite, que ton saint Nom ne soit pas d√©shonor√© √† cause de nous, mais que plut√īt il soit lou√© et glorifi√©.


SECTION 48.

123. D. Quelle est la seconde demande?
R. Ton r√®gne vienne: C'est-√†-dire, conduis-nous tellement par ta parole et par ton Esprit, que nous nous soumettions de plus en plus √† toi: conserve et augmente ton √Čglise; D√©truis les oeuvres du Diable, et toutes Puissances qui s'√©l√®vent contre ta Majest√©; renverse tous les complots qu'on forme contre ta parole, jusqu'√† ce qu'enfin tu r√®gnes pleinement et parfaitement, lorsque tu feras tout en tous.


SECTION 49.

124. D. Quelle est la troisième demande?
R. Ta volont√© soit faite sur la Terre comme au Ciel; C'est-√†-dire; Fais-nous la gr√Ęce √† nous et √† tous les autres hommes, de renoncer √† notre propre volont√©, et de nous soumettre promptement et sans murmure √† la tienne, qui seule est bonne et sainte: Et qu'ainsi chacun dans sa vocation s'acquitte de son devoir, avec la m√™me promptitude et la m√™me fid√©lit√©, que les Anges le sont dans le Ciel.


SECTION 50.

125. D. Quelle est la quatrième demande?
R. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien; C'est-à-dire, Veuille nous pourvoir de tout ce qui nous est nécessaire pour le corps; afin que nous reconnaissions par là, que tu es la seule source de tout bien, et que ni nos soins, ni notre travail, ni même tes dons, ne nous sauraient profiter sans ta bénédiction: et qu'ainsi nous détournions notre confiance de toutes les créatures, pour ne la mettre qu'en toi.


SECTION 51.

126. D. Quelle est la cinquième demande?
R. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons √† ceux qui nous ont offens√©s; C'est-√†-dire; Ne nous impute point √† nous pauvres p√©cheurs, aucun des p√©ch√©s que nous avons commis, non plus que cette corruption, qui est encore en nous; mais veuille-nous les pardonner, √† cause du sang de J√©sus-Christ, comme aussi nous sentons dans nos coeurs ce t√©moignage de ta gr√Ęce, que nous sommes constamment dispos√©s √† pardonner de bon coeur √† notre prochain.

SECTION 52.

127. D. Quelle est la sixième demande?
R. Ne nous induis pas en tentation, mais d√©livre nous de malin; C'est-√†-dire; Puisque de nous-m√™mes nous sommes si faibles, que nous ne saurions subsister un moment; et que de plus Satan, le monde et notre propre chair, qui sont nos ennemis mortels, nous font la guerre sans rel√Ęche; veuille, √ī Dieu, nous soutenir, et nous fortifier par la vertu de ton Saint Esprit, afin que nous ne succombions pas dans ce combat spirituel, mais que nous leur r√©sistions toujours courageusement, jusqu'√† ce qu'enfin nous remportions une enti√®re victoire.

128. D. Quelle est la Conclusion de cette Prière?
R. Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance, et la gloire dans tous les siècles; C'est-à-dire; Nous te demandons toutes ces choses, parce que étant notre Roi, et étant tout-puissant, tu veux et tu peux nous les accorder; et c'est afin que toute la gloire en revienne, non point à nous, mais à ton saint Nom.

129. D. Que signifie le mot Amen?
R. Il signifie, cela est vrai et assur√©; en effet, il est beaucoup plus s√Ľr, que ma Pri√®re est exauc√©e de Dieu, qu'il ne l'est, que je sens dans mon coeur le d√©sir que j'en ai.