Le Petit Catéchisme de Westminster (1855)

Source : Catéchisme ou abrégé de toutes les vérités de la religion chrétienne.
Londres, la société missionnaire. 1815.
Texte copié de l'original par CFC Réforme.


1. Demande : Quelle est la principale fin de l’Homme ?
R√©ponse : La fin principale de l’Homme est de glorifier Dieu, et de jouir de lui √©ternellement.

2. D. Quelle règle Dieu a-t-il donné pour nous enseigner comment nous devons le glorifier et jouir de lui ?
R. La parole de Dieu (comprise dans les écritures du Vieux et du Nouveau Testament), est la seule règle qui nous enseigne comment nous devons glorifier Dieu, et jouir de lui.

3. D. Qu’enseignent principalement les √©critures ?
R. Les √©critures enseignent principalement que l’Homme doit croire touchant Dieu, et le devoir que Dieu exige de l’Homme.

4. D. Qu’est-ce que Dieu ?

R. Dieu est esprit, infini, éternel, et immuable, en son être, sa sagesse, sa puissance, sa sainteté, sa justice, sa bonté, et sa vérité.

5. D. Y a-t-il plus d’un Dieu ?
R. Il n’y a qu’un seul Dieu, qui est le Dieu vivant et v√©ritable.

6. D. Combien y-a-t-il de Personnes en l’essence divine ?
R. Il y a trois Personnes en l’essence divine, savoir, le P√®re, le Fils, et le Saint-Esprit ; et ces trois ne font qu’un Dieu √©tant les m√™mes en essence, √©gales en puissance et en gloire.

7. D. Quels sont les desseins de Dieu ?
R. Les desseins de Dieu sont son arrêt éternel selon le propos arrêté de son conseil, par lequel pour sa gloire il a décrété tout ce qui arrive.

8. D. Comment Dieu exécute-t-il ses desseins ?

R. Dieu exécute ses desseins dans les ouvrages de la création, et de la Providence.

9. D. Qu’est-ce que l’ouvrage de la cr√©ation ?
R. L’ouvrage de la cr√©ation est, que Dieu a fait toutes choses de rien, en six jours, par sa parole puissante, et toutes tr√®s bonnes.

10. D. Comment Dieu cr√©a-t-il l’Homme ?
R. Dieu cr√©a l’Homme, m√Ęle et femelle, semblable √† lui, en connaissance, justice, et saintet√©, avec puissance sur toutes les cr√©atures.

11. D. Quels sont les ouvrages de la providence de Dieu ?
R. Les ouvrages de la providence de Dieu paraissent dans l’ordre tr√®s saint, tr√®s sage et tr√®s puissant, par lequel il conserve toutes ses cr√©atures, et gouverne toutes leurs actions.

12 D. Quel acte particulier de la providence Dieu exer√ßa-t-il envers l’Homme, dans l’√©tat o√Ļ il fut cr√©√© ?
R. Quand Dieu eut cr√©√© l’Homme, il fit une alliance de vie avec lui, √† condition qu’il lui rendrait une ob√©issance enti√®re, lui d√©fendant de manger du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal, sous peine de la mort.

13. D. Nos premiers parents continu√®rent-ils √† vivre dans l’√©tat o√Ļ ils avaient √©t√© cr√©√©s ?
R. Nos premiers parents ayant √©t√© laiss√©s √† leur franc arbitre, d√©churent de l’√©tat dans lequel ils avaient √©t√© cr√©√©s, en p√©chant contre Dieu.

14. D. Qu’est-ce que le p√©ch√© ?
R. Le p√©ch√© est toute sorte de non conformit√© √† la loi de Dieu, ou de transgression d’icelle.

15. D. Quel √©tait le p√©ch√© par lequel nos premiers parents d√©churent de l’√©tat dans lequel ils avaient √©t√© cr√©√©s ?
R. Le p√©ch√© par lequel nos premiers parents d√©churent de l’√©tat dans lequel ils avaient √©t√© cr√©√©s, fut de manger du fruit d√©fendu.

16. D. Tout le genre humain est-il tomb√© dans la premi√®re transgression d’Adam ?
R. L’alliance ayant √©t√© faite avec Adam, non seulement pour lui, mais pour sa post√©rit√©, tout le genre humain descendant de lui par une g√©n√©ration ordinaire, p√©cha en lui, et tomba avec lui dans sa premi√®re transgression.

17. D. Dans quel √©tat la chute d’Adam a-t-elle entrain√© le genre humain ?
R. La chute d’Adam a entrain√© le genre humain dans un √©tat de p√©ch√© et de mis√®re.

18. D. En quoi consiste la corruption de cet √©tat o√Ļ l’Homme est tomb√© ?

R. La corruption de cet √©tat o√Ļ l’Homme est tomb√©, consiste dans le crime du premier p√©ch√© d’Adam, la privation de la justice originelle, et la corruption de toute sa nature, qui est ordinairement appel√©e le p√©ch√© originel, avec toutes les transgressions actuelles qui en proc√®dent.

19. D. Quelle est la mis√®re de cet √©tat dans lequel l’Homme est tomb√© ?
R. Tout le genre humain, par sa chute, perdit la communion qu’il avait avec Dieu, devint l’objet de son courroux et de sa mal√©diction, et de cette mani√®re fut sujet √† toutes les mis√®res de cette vie, √† la mort m√™me, et aux peines de l’enfer √† jamais.

20. D. Dieu a-t-il laiss√© le genre humain dans l’√©tat de p√©ch√© et de mis√®re pour y p√©rir ?

R. Dieu uniquement par son bon plaisir ayant √©lu de toute √©ternit√© plusieurs personnes √† la vie √©ternelle, fait une alliance de gr√Ęce pour les d√©livrer de l’√©tat de p√©ch√© et de mis√®re, et pour les mettre dans un √©tat de salut par un r√©dempteur.

21. D. Qui est le Rédempteur du genre humain ?

R. Le seul r√©dempteur du genre humain, est le Seigneur J√©sus-Christ, qui √©tant le Fils √©ternel de Dieu, s’est fait Homme et ainsi il √©tait, et continue √† √™tre Dieu et Homme en deux natures distinctes, et une seule personne √† jamais.

22. D. Comment Christ, √©tant le Fils de Dieu, s’est-il fait Homme ?
R. Christ le Fils de Dieu s’est fait homme en prenant un vrai corps, et une √Ęme raisonnable, ayant √©t√© con√ßu par la puissance du Saint-Esprit, dans le sein de la Vierge Marie, et n√© d’elle, sans p√©ch√©.

23. D. Quels offices Christ exécute-il comme notre Rédempteur ?
R. Christ, comme notre R√©dempteur, ex√©cute les offices de Proph√®te, de Sacrificateur, et de Roi, tant dans son √©tat d’humiliation, que dans celui de son exaltation.

24. D. Comment Christ ex√©cute-t-il l’office de Proph√®te ?

R. Christ ex√©cute l’office de Proph√®te, en r√©v√©lant, par sa parole, et par son esprit, la volont√© de Dieu pour notre salut.

25. D. Comment Christ ex√©cute-t-il l’office de Sacrificateur ?

R. Christ ex√©cute l’office de Sacrificateur, en s’offrant une fois lui-m√™me en sacrifice pour satisfaire √† la justice divine, et nous r√©concilier avec Dieu, et en interc√©dant continuellement pour nous.

26. D. Comment Christ ex√©cute-t-il l’office de Roi.

R. Christ ex√©cute l’office de Roi, en nous soumettant √† lui-m√™me, en nous gouvernant et d√©fendant, et en arr√™tant et surmontant tous ses ennemis, et tous les n√ītres.

27. D. En quoi a consist√© l’humiliation de Christ ?
R. L’humiliation de Christ a consist√© en ce qu’il √©tait n√©, m√™me dans une pauvre condition, assujetti √† la loi, qu’il a endur√© les mis√®res de cette vie, la col√®re de Dieu, et la mort de la croix, et qu’il a √©t√© enseveli, et est demeur√© pour quelques temps sous l’emprise de la mort.

28. D. En quoi consiste l’exaltation de Christ ?
R. L’exaltation de Christ consiste en ce qu’au troisi√®me jour il est ressuscit√© des morts, qu’il est mont√© au Ciel, qu’il est assis √† la droite de Dieu le P√®re, et qu’il viendra au dernier jour pour juger le monde.

29. D. Comment sommes-nous rendus participants de la Rédemption acquise par Christ ?

R. Nous sommes rendus participants de la R√©demption acquise par Christ, en ce qu’elle nous est appliqu√©e d’une mani√®re efficace, par son Saint-Esprit.

30. D. Comment le Saint-Esprit nous applique-t-il la rédemption acquise par Christ ?

R. Le Saint-Esprit nous applique la Rédemption acquise par Christ opérant la fois en nous, et par ce moyen nous unissant à Christ dans notre vocation efficace.

31. D. Qu’est-ce que la vocation efficace ?

R. La vocation efficace est l’ouvrage de l’Esprit de Dieu, par lequel nous convaincant de notre p√©ch√© et mis√®re illuminant nos entendements dans la connaissance de Christ, et renouvellement nos volont√©, il nous persuade, et nous donne la force d’embrasser J√©sus Christ, qui nous est gratuitement offert dans l’√Čvangile.

32. Quels sont les bienfaits auxquels ceux qui sont appelés par une vocation efficace participent dans cette vie ?
R. Ceux qui sont appel√©s par une vocation efficace, participent dans cette vie √† la justification, √† l’adoption, √† la sanctification, et aux divers bienfait qui l’accompagnent, ou en proviennent dans cette vie.

33. Qu’est-ce que la justification ?
R. La justification est un acte du bon plaisir de Dieu, par lequel il nous pardonne tous nos péchés, et nous reçoit comme justes devant sa face, uniquement à cause de la justice de Christ, qui nous est imputée, et que nous recevons seulement par la foi.

34. D. Qu’est-ce que l’adoption ?

R. L’adoption est un acte du bon plaisir de Dieu, par lequel nous sommes re√ßus au nombre de ses enfants ; et avons droit √† tous leurs privil√®ges.

35. D. Qu’est-ce que la sanctification ?
R. La sanctification est l’ouvrage de l’Esprit de Dieu, qui nous renouvelle enti√®rement √† l’image de Dieu, et nous donne, de plus en plus, la force de mourir au p√©ch√© et de vivre √† la justice.

36. D. Quels sont les bienfaits qui, dans cette vie, accompagnent la justification, l’adoption, et la sanctification, ou qui en proc√®dent ?

R. Les bienfaits qui, dans cette vie, accompagnent la justification, l’adoption, et la sanctification, ou qui en proc√®dent, sont l’assurance de l’amour de Dieu, la paix de la conscience, la joie dans le Saint-Esprit, l’accroissement en gr√Ęce et la pers√©v√©rance en icelle jusqu’√† la fin.

37. D. Quels bienfaits les fidèles reçoivent-ils de Christ à la mort ?

R. Les √Ęmes des fid√®les, √† leur mort, deviennent parfaites en saintet√©, et passent au m√™me instant √† la gloire, et les corps continuant √† √™tre unis √† Christ, reposent dans leurs tombeaux jusqu’√† la r√©surrection.

38. D. Quels bienfaits les fidèles reçoivent-ils de Christ à la résurrection ?

R. À la résurrection les fidèles étant ressuscités en gloire seront publiquement reconnus, et absous au jour du jugement, et rendus entièrement heureux à jamais dans la parfaite jouissance de Dieu.

39. D. Quel est le devoir que Dieu exige de l’Homme ?
R. Le devoir que Dieu exige de l’Homme, c’est une ob√©issance √† sa volont√© r√©v√©l√©e.

40. D. Quelle est la premi√®re chose que Dieu r√©v√©la √† l’Homme, pour la r√®gle de son ob√©issance ?

R. La premi√®re r√®gle que Dieu r√©v√©la √† l’homme pour son ob√©issance, fut la loi morale.

41. D. O√Ļ la loi morale est-elle sommairement comprise ?
R. La loi morale est sommairement comprise dans les dix Commandements.

42. D. Quel est le sommaire des dix Commandements ?
R. Le sommaire des dix Commandements est, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cŇďur, de toute ton √Ęme, de toutes tes forces, et de toute ta pens√©e, et ton prochain comme toi-m√™me.

43. D. Quel est l’avant-propos des dix commandements ?

R. L’avant-propos des dix commandements est contenu dans ces paroles : Je suis l’√Čternel ton Dieu qui t’ai retir√© du pays d’√Čgypte, de la maison de servitude.

44. D. Que nous enseigne l’avant-propos des dix commandements ?
R. L’avant-propos des dix commandements nous enseigne, que parce que Dieu est l’√Čternel, et notre Dieu et R√©dempteur, par cons√©quent nous sommes oblig√©s de garder tous ses Commandements.

45. D. Quel est le premier Commandement ?
R. Le premier commandement est : Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face.

46. D. À quoi nous oblige le premier Commandement ?
R. Le premier Commandement nous oblige √† reconna√ģtre et confesser que Dieu est le seul vrai Dieu, et notre Dieu, et √† l’adorer et glorifier, comme tel.

47. D. Que nous défend le premier Commandement ?
R. Le premier Commandement nous d√©fend de nier, ou de ne pas adorer et glorifier le vrai Dieu, comme Dieu, et notre Dieu ; et de rendre √† qui que ce soit, ce culte et cette gloire, qui n’appartient qu’√† lui seul.

48. D. Que nous enseignent particulièrement ces paroles (devant ma face) dans le premier Commandement ?
R. Ces paroles (devant ma face) dans le premier Commandement, nous enseignent que Dieu qui voit toutes choses prend connaissance du p√©ch√© de servir aucun autre Dieu, et qu’il en est tr√®s offens√©.

49. D. Quel est le second Commandement ?
R. Le second commandement est : Tu ne te feras point d’image taill√©e, ni aucune ressemblance des choses qui sont l√†-haut au Ciel, ni ici-bas en la terre, ni aux eaux dessous la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, ni ne les serviras ; car je suis l’√Čternel ton Dieu, le Dieu fort et jaloux, qui punit l’iniquit√© des p√®res sur les enfants en la troisi√®me et quatri√®me g√©n√©ration de ceux qui me ha√Įssent, et fait gr√Ęce et mis√©ricorde jusqu’√† mille g√©n√©rations √† ceux qui m’aiment, et qui garde mes commandements.

50. D. À quoi nous oblige le second commandement ?

Le second Commandement nous oblige √† recevoir, observer, et garder purement et enti√®rement tout le culte religieux, et toutes les ordonnances de Dieu, telles qu’elles sont prescrites dans sa parole.

51. D. Que nous défend le second Commandement ?
R. Le second Commandement nous d√©fend de servir Dieu par des images, ou en aucune autre mani√®re qui n’est pas marqu√©e dans sa parole.

52. D. Quelles sont les raisons attachées au second commandement ?
R. Les raisons attach√©es au second commandement sont la souveraine puissance et le droit absolu que Dieu a sur nous, et le z√®le qu’il a pour son culte.

53. D. Quel est le troisième Commandement ?

R. Le troisi√®me commandement est : Tu ne prendras point le nom de l’√Čternel ton Dieu en vain ; car l’√Čternel ne tiendra point pour innocent celui qui prendra son nom en vain.

54. D. À quoi nous oblige le troisième Commandement ?

R. Le troisième Commandement nous oblige à user saintement et respectueusement des noms, des titres, des attributs, des ordonnances, de la parole, et des ouvrages de Dieu.

55. Que nous défend le troisième commandement ?

R. Le troisième commandement nous défend de profaner en aucune manière, ou de faire aucun abus des choses par lesquelles Dieu se manifeste.

56. D. Quel est la raison attachée au troisième Commandement.
R. La raison attach√©e au troisi√®me Commandement est que, quoique les violateurs de ce commandement puissent √©viter le ch√Ętiment des hommes, n√©anmoins l’√Čternel notre Dieu ne permettra point qu’ils √©vitent ses justes jugements.

57. D. Quel est le quatrième Commandement ?
R. Le quatri√®me commandement est : Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier ; Tu travailleras six jours, et feras toute ton Ňďuvre, mais le septi√®me jour est le repos de l’√Čternel ton Dieu. Tu ne feras aucune Ňďuvre en ce jour-l√†, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton b√©tail, ni l’√©tranger qui est ton tes portes ; car l’√Čternel a fait en six jours le Ciel, la Terre, la Mer, et tout ce qui est en eux, et s’est repos√© le septi√®me jour ; c’est pourquoi l’√Čternel a b√©ni le jour du repos, et l’as sanctifi√©.

58. D. À quoi nous oblige le quatrième Commandement ?

R. Le quatrième Commandement nous oblige à sanctifier tout le temps que Dieu nous a prescrit dans sa parole, nommément un jour entier de sept pour le consacrer à Dieu comme un saint jour de repos.

59. D. Lequel des sept jours Dieu a-t-il marqué pour le Sabbat de la semaine ?

R. Depuis la cr√©ation du monde jusqu’√† la r√©surrection de Christ, Dieu ordonna que le septi√®me jour de la semaine f√Ľt le jour du repos, mais toujours depuis ladite r√©surrection √† continuer jusqu’√† la fin du monde, que ce f√Ľt le premier jour de la semaine, lequel est le Dimanche des Chr√©tiens.

60. D. Comment doit-on sanctifier le Dimanche ?
R. On doit sanctifier le Dimanche entier par un saint repos, en s’abstenant du travail ordinaire, et des divertissements qui sont permis les autres jours, et en employant tout le temps √† servir Dieu en public et en particulier ; le temps pour les Ňďuvres de n√©cessit√© et de mis√©ricorde seul √©tant except√©.

61. D. Que nous défend le quatrième Commandement ?

R. Le quatri√®me Commandement nous d√©fend d’omettre, et d’accomplir avec n√©gligence les devoirs requis de nous, et de profaner le jour du repos par l’oisivet√©, ou en faisant aucune chose criminelle en soi, ou par des pens√©es, des paroles, ou des actions vaines, touchant des occupations et des r√©cr√©ations mondaines.

62. D. Quelles sont les raisons attachés au quatrième Commandement ?
R. Des raisons attach√©s au quatri√®me Commandement, sont que Dieu nous a donn√© six jours dans la semaine pour vaquer √† nos propres affaires, qu’il s’est enti√®rement r√©serv√© le septi√®me, nous en ayant donn√© l’exemple, et b√©ni le jour du repos.

63. D. Quel est le cinquième Commandement ?

R. Le cinqui√®me Commandement est : Honore ton p√®re et ta m√®re, afin que tes jours soient prolong√©s dans le pays que l’√Čternel ton Dieu te donne ;

64. D. À quoi nous oblige le cinquième Commandement ?
R. Le cinqui√®me Commandement nous oblige √† soutenir l’honneur, et √† rendre le devoir qui appartient √† chacun, selon sa qualit√© et condition, soit sup√©rieur, inf√©rieur ou √©gal.

65. D. Que nous défend le cinquième Commandement ?

R. Le cinqui√®me Commandement nous d√©fend de n√©gliger, de rendre √† chacun l’honneur et le devoir qui lui appartient, selon sa qualit√© et condition.

66. D. Quelle est la raison attachée au cinquième Commandement ?
R. La raison attachée au cinquième Commandement, est une promesse de longue vie et de prospérité, autant que cela contribuera à la gloire de Dieu, et au bien de tous ceux qui gardent ce Commandement.

67. D. Quel est le sixième Commandement ?

R. Le sixième Commandement est : Tu ne tueras point.

68. D. À quoi nous oblige le sixième Commandement ?
R. Le sixième Commandement nous oblige à faire tous les efforts louables pour la conservation de notre vie et de celles des autres.

69. D. Que nous défend le sixième Commandement ?

R. Le sixi√®me Commandement nous d√©fend de nous tuer nous-m√™mes, ou d’√īter la vie √† notre prochain injustement, et tout ce qui tend √† le faire.

70. D. Quel est le septième Commandement ?
R. Le septième Commandement est : Tu ne paillarderas point.

71. D. À quoi nous oblige le septième Commandement ?
R. Le septi√®me Commandement nous oblige √† conserver notre chastet√©, et celle de notre prochain, de cŇďur, de parole, et d’action.

72. D. Que nous défend le septième Commandement ?
R. Le septième Commandement nous défend toutes pensées, paroles, et actions déshonnêtes.

73. D. Quel est le huitième Commandement ?

R. Le huitième Commandement est : Tu ne déroberas point.

74. À quoi nous oblige le huitième Commandement ?
R. Le huitième commandement nous oblige à augmenter, et faire légitimement profiter nos biens temporels, et ceux des autres.

75. D. Que nous défend le huitième Commandement ?
R. Le huitième commandement nous défend de faire aucune chose qui porte, ou pourrait porter préjudice à notre bien temporel, ou à celui de notre prochain.

76. D. Quel est le neuvième Commandement ?
R. Le neuvième Commandement est : Tu ne rendras point faux témoignage contre ton prochain.

77. D. À quoi nous oblige le neuvième Commandement ?
R. Le neuvième Commandement nous oblige à établir, et maintenir la vérité parmi les hommes, et notre réputation aussi bien que celle de notre prochain principalement en rendant témoignage.

78. D. Que nous défend le neuvième Commandement ?

R. Le neuvième commandement nous défend tout ce qui est contraire en aucune manière à la vérité, ou fait tort à notre réputation, ou à celle de notre prochain.

79. D. Quel est le dixième Commandement ?

R. Le dixi√®me Commandement est : Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bŇďuf, ni son √Ęne, ni aucune chose qui soit √† lui.

80. D. À quoi nous oblige le dixième Commandement ?
R. Le dixième Commandement nous oblige à être tout à fait content de notre état, et avoir toujours un esprit équitable et charitable envers notre prochain, et tout ce qui lui appartient.

81. D. Que nous défend le dixième Commandement ?
R. Le dixi√®me Commandement nous d√©fend toute sorte de m√©contentement de notre √©tat, de porter envie au bien de notre prochain, ou d’en √™tre f√Ęch√©s, et toute sorte de mouvements, et d’affections d√©sordonn√©es pour quoi que ce soit qui lui appartienne.

82. D. Y a-t-il aucun homme capable de garder parfaitement les Commandements de Dieu ?

R. Depuis la chute du genre humain, il n’y a personne, qui, en tant qu’homme puisse parfaitement garder les Commandements de Dieu et qui ne les transgresse journellement dans ses pens√©es, ou ses paroles, ou ses actions.

83. D. Toutes les transgressions de la loi sont-elles également odieuses ?

R. Il y a des péchés qui en eux-mêmes et par rapport à diverses énormités, sont plus odieux devant Dieu les uns que les autres.

84. D. Qu’est-ce que tout p√©ch√© m√©rite ?
R. Tout p√©ch√© m√©rite la col√®re et la mal√©diction de Dieu, tant dans cette vie, que dans l’autre.

85. D. Qu’est-ce que Dieu requiert de nous, afin que nous √©vitions sa col√®re et sa mal√©diction que nos p√©ch√©s m√©ritent ?
R. Afin que nous évitions la colère et la malédiction de Dieu que nos péchés méritent, Dieu requiert de nous la foi en Jésus-Christ, la repentance à la vie, avec un usage diligent de tous les moyens extérieurs par lesquels Christ nous communique les bienfaits de la rédemption.

86. D. Qu’est-ce que la Foi en J√©sus-Christ ?
R. La Foi en J√©sus-Christ est une gr√Ęce salutaire, par laquelle nous le recevons, et nous reposons sur lui seul pour le salut, comme il nous est propos√© dans l’√Čvangile.

87. D. Qu’est-ce que la Repentance √† la Vie ?
R. La Repentance √† la Vie est une gr√Ęce salutaire, par laquelle le p√©cheur √©tant vraiment p√©n√©tr√© de son p√©ch√©, et devenant sensible √† la mis√©ricorde de Dieu en Christ, d√©teste son p√©ch√© avec contrition et haine et s’en d√©tourne √† Dieu, avec ferme r√©solution et effort d’une nouvelle ob√©issance.

88. D. Quels sont les moyens extérieurs par lesquels Christ nous communique les bienfaits de la rédemption ?

R. Les moyens extérieurs et ordinaires par lesquels Christ nous communique les bienfaits de la rédemption, sont ses ordonnances, surtout la parole, les sacrements, et la prière, qui deviennent tous efficaces au salut des élus.

89. D. Comment la parole devient-elles efficace à salut ?
R. L’esprit de Dieu rend la lecture, mais principalement la pr√©dication de la parole, un moyen efficace pour convaincre et convertir les p√©cheurs, et pour les affermir en saintet√© et consolation, au salut par la foi.

90. D. Comment faut-il lire et √©couter la parole, afin qu’elle devienne efficace √† salut ?
R. Afin que la parole devienne efficace √† salut il faut l’√©couter avec diligence pr√©paration et pri√®re, la recevoir avec foi et affection, la retenir dans nos cŇďurs, et la pratiquer dans notre vie.

91. Comment les Sacrements deviennent-ils efficaces à salut ?
R. Les Sacrements deviennent efficaces √† salut, non par aucune vertu qui soit en eux, ou en celui que les administre, mais seulement par la b√©n√©diction de Christ, et par l’op√©ration de son esprit, en ceux qui les re√ßoivent avec foi.

92. D. Qu’est ce qu’un Sacrement ?
R. Un Sacrement est une sainte ordonnance institu√©e par Christ dans laquelle, par des signes visibles, Christ et les bienfaits de la nouvelle alliance se repr√©sentent, et s’appliquent aux fid√®les.

93. D. Quels sont les Sacrements du Nouveau Testament.
R. Les Sacrements du Nouveau Testament sont le Baptême, et la sainte Cène.

94. D. Qu’est-ce que le Bapt√™me ?
R. Le Bapt√™me est une Sacrement, dans lequel il est signifi√© et confirm√© √† la personne baptis√©e avec de l’eau au nom du P√®re, et du Fils, et du Saint-Esprit qu’elle est unie √† Christ, qu’elle a part aux bienfaits de la nouvelle alliance, et qu’elle s’est engag√©e au Seigneur.

95. D. À qui doit-on administrer le Baptême ?
R. On ne doit pas administrer le Bapt√™me √† ceux qui sont hors de l’√Čglise visible, jusqu’√† ce qu’ils professent leur foi ; et ob√©issance en Christ ; mais on doit baptiser les enfants de ceux qui sont membres de l’√Čglise visible.

96. D. Qu’est-ce que la sainte C√®ne ?
R. La sainte C√®ne est un Sacrement, dans lequel l’on donne et re√ßoit du pain et du vin selon l’institution de Christ, sa mort nous est annonc√©e, et ceux qui le re√ßoivent dignement sont rendus participants de son corps et de son sang, avec tous ses bienfaits, pour leur nourriture spirituelle, et leur avancement en gr√Ęce, non d’une mani√®re corporelle et charnelle, mais par la foi.

97. D. Que faut-il faire pour recevoir dignement la sainte Cène ?

R. Pour recevoir dignement la sainte C√®ne, on doit s’examiner touchant sa connaissance pour discerner le corps du Seigneur, touchant sa foi pour s’en nourrir, touchant sa repentance, son amour et sa nouvelle ob√©issance, de peur qu’en s’en approchant indignement, on ne mange et boive sa condamnation.

98. D. Qu’est-ce que le Pri√®re ?
R. La pri√®re est une √©l√©vation de nos d√©sirs vers Dieu, pour lui demander les choses agr√©ables √† sa volont√©, au nom de Christ, avec confession de nos p√©ch√©s, et actions de gr√Ęce pour ses bienfaits.

99. D. Quelle règle Dieu a-t-il donné pour nous instruire à prier ?
R. Toute la parole de Dieu sert √† nous instruire √† prier, mais la principale r√®gle de notre instruction est ce formulaire de pri√®re, que Christ a enseign√© √† ses Disciples, ordinairement appel√© l’Oraison Dominicale.

100. D. Que nous enseigne l’avant-propos de l’Oraison Dominicale ?
R. L’avant-propos de l’Oraison Dominicale, qui est (Notre P√®re qui est aux Cieux) nous enseigne, qu’il faut nous approcher de Dieu avec toute sainte r√©v√©rence et confiance, comme des enfants s’approchent d’un p√®re qui peut et veut les aider, et qu’il nous faut prier ensemble les uns pour les autres.

101. D. Que demandons-nous dans la première requête ?
R. Dans la premi√®re requ√™te (Ton Nom soit sanctifi√©) nous prions Dieu, tant pour nous que pour autrui, qu’il veuille nous aider √† le glorifier en toutes les choses par lesquelles il se fait reconna√ģtre, et qu’il lui plaise disposer tout √† sa propre gloire.

102. D. Que Demandons-nous dans la seconde Requête ?
R. Dans la seconde Requ√™te, savoir (Ton R√®gne vienne) nous prions que le r√®gne de Satan soit an√©anti ; et que le r√®gne de la gr√Ęce soit avanc√©e, que nous y soyons re√ßus, ainsi que les autres, et que le royaume de la gloire arrive bient√īt.

103. D. Que demandons-nous dans la troisième Requête ?
R. Dans la troisi√®me requ√™te, savoir (Ta Volont√© soit faite en la Terre comme au Ciel) nous prions Dieu, que par sa gr√Ęce il nous donne le pouvoir et la volont√© de conna√ģtre son bon plaisir, d’y ob√©ir, et de nous y soumettre en toutes choses, comme les Anges le font au Ciel.

104. D. Que demandons-nous dans la quatrième Requête ?
R. Dans la quatri√®me requ√™te, savoir (Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien) nous prions, Dieu, qu’il lui plaise de sa pure bont√©, nous accorder une portion suffisante des biens n√©cessaires de cette vie, et qu’il veuille les accompagner de sa b√©n√©diction.

105. D. Que demandons-nous dans la cinquième Requête ?
R. Dans la cinqui√®me Requ√™te, savoir (Et nous pardonne nos offenses, comme nous pardonnons √† ceux qui nous ont offens√©s) nous prions Dieu, qu’il nous pardonne tous nos p√©ch√©s pour l’amour de J√©sus-Christ, ce que nous sommes d’autant mieux encourag√©s √† demander, parce que par sa gr√Ęce, nous sommes dispos√©s de bon cŇďur √† pardonner √† autrui.

106. D. Que demandons-nous dans la sixième Requête ?
R. Dans la sixi√®me Requ√™te, savoir (Et ne nous induis point en Tentation, mais d√©livre-nous du Malin) nous prions Dieu, qu’il nous garde de la tentation au p√©ch√©, ou qu’il nous soutienne, et nous en d√©livre lorsque nous sommes tent√©s.

107. D. Que nous enseigne la Conclusion de l’Oraison Dominicale ?
R. La Conclusion de l’Oraison Dominicale, savoir (Car √† toi appartient le r√®gne, la puissance, et la gloire, aux si√®cles) nous enseigne √† mettre notre confiance en Dieu seulement, dans la pri√®re, et quand nous prions, √† louer lui attribuant le r√®gne, la puissance et gloire, et pour t√©moigner notre d√©sir et l’assurance d’√™tre exauc√©s, nous disons. Amen.